vendredi 22 février 2008
Dernière nouvelle
Plus de news depuis le mois d'octobre et pourtant tant de choses se sont passées depuis.
La mauvaise connection internet ainsi que le branle bas de départ, nous a empêché d'alimenter notre blog.
Je vais essayer de résume ces 3 mois:
Les deux dernières semaines d'octobre, nous avons travaillé d'arrache pied sur la construction du canevas du spectacle. Des petites choses sont sorties mais non sans mal. Il est clair que de monter un spectacle clown avec un comédien non clown et de surcroit avec pas les mêmes techniques de jeu, une clownesse rock and roll qui ne demande qu'à tout déchirer, un musicien qui cherche, ben je peux vous assurer que ce n'est pas de tout repos
Nous sommes donc rentrée en Suisse Marylène et moi avec un peu d'angoisse dans le coeur. Il y avait encore tant à faire et la période de travail en Suisse n'était que de 2 semaines 1/2 . Le retour ne fut pas simple, penser à créer un canevas en pensant pour les autres, emménager dans mon nouvel appartement, et sans compter les jobs annexes..... cela fut sport!
En date du 19 novembre, nous avons repris le travail en Suisse et avons retrouver notre ami Guy-Ernest. Impatients que nous étions de savoir comment ce temps avait mûri en nous. Nous avions la chance d'avoir une belle salle de travail au Charmilles mise à disposition par le service de la jeunesse par l'entremise de notre amie Barbara (merci Barbara).
L'état financier était plus bas, nous avions deux semaines à plein temps parce qu'en suite j'avais un engagement ailleurs, allez on y va. Entre la recherche du jeu, les accessoires à fabriquer, les costumes à chercher, les sentiments humains à gérer... on a fait chauffer les semelles et les cervelles. Je vous passe les détails d'explosion, de fatigue, de remise en question normal quoi! c'est la création!
On y arrive à la première sur les rotules enfin ce qui restait de nos rotules!! La première fut très bien accueilli, c'était très chouette. Des amis surtout! mais les échos nous ont réconforté et rassuré sur notre travail. Quinze jours de représentations se sont passées avec plus au moins de public, l'état de nos finances ne nous a pas permis d'investissement en communication.
Nous avons eu différents échos qui allait d'un beau travail à que cela sentait que l'on aurait allé plus loin (c'est certain mais là on a fait un spectacle dans un temps record dans des conditions stress). Les gens ont beaucoup aimé Guinness tout en reconnaissant qu'il était encore très jeune clown et qu'il n'avait pas encore trouvé sa vraie route. Bien entendu, je lui ai créer un parcours mais pas sur mesure vu que je ne suis pas dans sa tête. L'interaction entre les deux Marlo et Guiness a demandé du temps, c'est très difficile d'être un bon partenaire mais ils y ont travaillé de tous leur coeur. Il y a eu des représentations très bonnes et moins bonnes mais ils se sont donné à fond. Et puis la grande magie c'est opérée le soir de la dernière ou ils ont été magistrales!!
Quand au sujet traité: on nous a trouvé bien engagé peut-être un peu trop mais ces commentaires venaient de personnes n'étant jamais allé en Afrique donc ils n'avaient pas la distance par rapport à sur ce que l'on ose rire ou pas. La dame des scolaires nous a trouvé trop dure pour les enfants!!!! n'importe quoi, les enfants restaient souvent bouche bée devant ces deux clowns complètement givrés. C'est certain que le regard humour sur la suisse était plus forte vu mon point de vue est celle d'une blanche. Le ridicule et l'humour de distance sur l'Afrique était peut-être moins fou mais seule Guy pouvait nourrir ce côté là mais Guy a encore tellement de chose à découvrir sur son clown et comme je devais nourrir son univers.... ça n'était pas aisé vu je ne suis pas dans sa tête, je n'ai pas assez vécue en Afrique, je n'ai pas leur histoire dans mon sang et surtout je ne suis pas noire! ben oui! c'est le point de vue d'une blanche!
Bilan: Cela a été un chouette travail, le regard sur nous, notre pays, nos fonctionnement, sur l'étranger oui très chouette.
L'étape suivant fut la représentation à Cotonou!: le 23 janvier, Marlo, Guiness, Papy, Maman et Johan ont fait un triomphe devant plus de 500 personnes au CCF de Cotonou. Je n'y étais pas vu que je jouais ailleurs. Je ne peux vous faire de compte rendu juste les échos. D'entendre le bonheur de ma chère Marlo qui avait tant travaillé ca m'a réchauffé le coeur. J'étais certaine que ce spectacle ferait un carton en Afrique. Le yovo est tellement mis à rude épreuve que cela ne pouvait qu'éclater les africains. Moi je vous dis on est des stars: faire un spectacle spécial afrique ben faillait le faire et on la fait!
La mauvaise connection internet ainsi que le branle bas de départ, nous a empêché d'alimenter notre blog.
Je vais essayer de résume ces 3 mois:
Les deux dernières semaines d'octobre, nous avons travaillé d'arrache pied sur la construction du canevas du spectacle. Des petites choses sont sorties mais non sans mal. Il est clair que de monter un spectacle clown avec un comédien non clown et de surcroit avec pas les mêmes techniques de jeu, une clownesse rock and roll qui ne demande qu'à tout déchirer, un musicien qui cherche, ben je peux vous assurer que ce n'est pas de tout repos
Nous sommes donc rentrée en Suisse Marylène et moi avec un peu d'angoisse dans le coeur. Il y avait encore tant à faire et la période de travail en Suisse n'était que de 2 semaines 1/2 . Le retour ne fut pas simple, penser à créer un canevas en pensant pour les autres, emménager dans mon nouvel appartement, et sans compter les jobs annexes..... cela fut sport!
En date du 19 novembre, nous avons repris le travail en Suisse et avons retrouver notre ami Guy-Ernest. Impatients que nous étions de savoir comment ce temps avait mûri en nous. Nous avions la chance d'avoir une belle salle de travail au Charmilles mise à disposition par le service de la jeunesse par l'entremise de notre amie Barbara (merci Barbara).
L'état financier était plus bas, nous avions deux semaines à plein temps parce qu'en suite j'avais un engagement ailleurs, allez on y va. Entre la recherche du jeu, les accessoires à fabriquer, les costumes à chercher, les sentiments humains à gérer... on a fait chauffer les semelles et les cervelles. Je vous passe les détails d'explosion, de fatigue, de remise en question normal quoi! c'est la création!
On y arrive à la première sur les rotules enfin ce qui restait de nos rotules!! La première fut très bien accueilli, c'était très chouette. Des amis surtout! mais les échos nous ont réconforté et rassuré sur notre travail. Quinze jours de représentations se sont passées avec plus au moins de public, l'état de nos finances ne nous a pas permis d'investissement en communication.
Nous avons eu différents échos qui allait d'un beau travail à que cela sentait que l'on aurait allé plus loin (c'est certain mais là on a fait un spectacle dans un temps record dans des conditions stress). Les gens ont beaucoup aimé Guinness tout en reconnaissant qu'il était encore très jeune clown et qu'il n'avait pas encore trouvé sa vraie route. Bien entendu, je lui ai créer un parcours mais pas sur mesure vu que je ne suis pas dans sa tête. L'interaction entre les deux Marlo et Guiness a demandé du temps, c'est très difficile d'être un bon partenaire mais ils y ont travaillé de tous leur coeur. Il y a eu des représentations très bonnes et moins bonnes mais ils se sont donné à fond. Et puis la grande magie c'est opérée le soir de la dernière ou ils ont été magistrales!!
Quand au sujet traité: on nous a trouvé bien engagé peut-être un peu trop mais ces commentaires venaient de personnes n'étant jamais allé en Afrique donc ils n'avaient pas la distance par rapport à sur ce que l'on ose rire ou pas. La dame des scolaires nous a trouvé trop dure pour les enfants!!!! n'importe quoi, les enfants restaient souvent bouche bée devant ces deux clowns complètement givrés. C'est certain que le regard humour sur la suisse était plus forte vu mon point de vue est celle d'une blanche. Le ridicule et l'humour de distance sur l'Afrique était peut-être moins fou mais seule Guy pouvait nourrir ce côté là mais Guy a encore tellement de chose à découvrir sur son clown et comme je devais nourrir son univers.... ça n'était pas aisé vu je ne suis pas dans sa tête, je n'ai pas assez vécue en Afrique, je n'ai pas leur histoire dans mon sang et surtout je ne suis pas noire! ben oui! c'est le point de vue d'une blanche!
Bilan: Cela a été un chouette travail, le regard sur nous, notre pays, nos fonctionnement, sur l'étranger oui très chouette.
L'étape suivant fut la représentation à Cotonou!: le 23 janvier, Marlo, Guiness, Papy, Maman et Johan ont fait un triomphe devant plus de 500 personnes au CCF de Cotonou. Je n'y étais pas vu que je jouais ailleurs. Je ne peux vous faire de compte rendu juste les échos. D'entendre le bonheur de ma chère Marlo qui avait tant travaillé ca m'a réchauffé le coeur. J'étais certaine que ce spectacle ferait un carton en Afrique. Le yovo est tellement mis à rude épreuve que cela ne pouvait qu'éclater les africains. Moi je vous dis on est des stars: faire un spectacle spécial afrique ben faillait le faire et on la fait!
Un gros merci à Clayre pour son travail et sa patience, à Johan notre technicien qui garde le sourire même quand je le stress à mort, à Papy pour sa zen attitude, son humour et sa complicité, à Guy-Ernest d'avoir accepté de prendre tout de zero malgré sa notoriété, d'être resté simple, ouvert et souriant et surtout mais alors surtout un gros merci à ma super copine rock and roll free style Marylène qui représente pour moi la vraie aventurière clown.
A bientôt
jeudi 18 octobre 2007
Mercredi 16 octobre 2007
Rebecca :
Il est 14h38, la chanson d’Ismaël Lö « l’amour à tous les droits » voyage dans la pièce, Clayre est partie acheter le billet de Guy pour la Suisse, et mes compagnons de jeu font la sieste. Il fait très très chaud, le ventilo fait ce qu’il peut pour m’amener un peu d’air.
Plus que 15 jours ! Il s’agit à présent de se consacrer totalement à TEKITOI ? Je suis vraiment heureuse que Christophe nous aie rejoint. Non seulement pour passer des week end à Abomey mais surtout pour tout ce petit monde clownesque et musicale qu’il porte en lui. Lundi, nous avons commencé à travailler sous une chaleur de plomb au CCF. Marlo, Guiness, le Petit on dû perdre tout leur poids en liquide.
C’est pô toujours facile de faire des impros quand on est une éponge…. D’où la décision, de commencer plus tôt le matin, c'est-à-dire 7h00 jusqu’à 11h00, faire une pause et reprendre à 17h30 jusque tard. Nous avons décidé de rester définitivement sur le toit de notre maison où nous avons fait installer une bâche pour nous protéger du soleil. Après un échauffement en commun, nous partons sur les chemins de la découverte, je propose des thèmes, des situations afin que Guiness, Marlo et le Petit puissent s’ouvrir au jeu. Ce n’est pas aisé pour Guy d’entrer dans les rails du clown après seulement 10 matinées de stage. Je le vois, nous le voyons tous, il se démène comme un fou. Rien que rebondir sur une proposition de sa partenaire lui demande à réfléchir et justement le clown n’est pas dans le « réfléchir ». Notre façon d’appréhender le jeu n’est pas la même. Il a toujours construit le jeu par le texte, alors qu’avec le clown tout vient de nous, puiser dans notre énergie, laisser notre fantaisie nous guider. Je mesure à présent ce challenge non seulement de créer un spectacle sur la diversité culturelle mais d’éveiller un être à son clown. J’avoue que je suis tellement préoccupée par le spectacle, d’essayer de monter un canevas que je ne suis pas toujours consciente des limites actuelles de Guy. Surtout, qu’il ne dit rien, il écoute et se donne à fond. Marlo est très patiente, elle reste souvent en suspension car je demande à Guiness de refaire, de reprendre un petit détail pour qu’il comprenne qu’un seul geste qui grandit pour faire naître tout un monde. Christophe m’épaule avec patience et pertinence, ce qui est d’autant plus perturbant pour Guiness d’avoir 2 personnes qui le coachent. Le Petit vient quelque fois improviser avec Marlo et Guiness afin que chacunE puissent se confronter à un autre univers, cela a permis à Marlo de jouer car elle a faim de jeu ; je suis toujours à lui demander de se mettre en veilleuse. Elle m’a même fait de la résistance après une impro elle refusait d’enlever son nez…. Et puis hier soir, Marylène a demandé à revoir notre manière de travailler en nous faisant prendre conscience que Guy n’a pas assez d’outils tant un niveau du clown que des simples codes de l’improvisation. Une bonne discussion a permis de dénouer les angoisses des acteur et actrice et aussi que j’accepte de relâcher mon objectif, reculer pour mieux sauter. Je voulais que le canevas soit monté à la fin du séjour afin de travailler les détails à Genève. Et j’ai tendance à pousser, limite rigide. C’est que j’ai un peu peur d’être trop à la bourre. A Genève, nous n’aurons que 19 jours avant la première. Et il reste encore à penser aux costumes, à la scénographie définitive. Je sais bien par expérience que nous y arriverons, on a vu pire avec Marlo, mais j’aimerais vraiment que l’on réussisse avec beauté à mettre au monde ce bout de rêve que nous avons tous les 6.
Ce matin, nous avons abordeé le travail d’une autre manière, ce temps fut consacré à des jeux ludiques qui entraîne l’écoute, la fantaisie et offre à Guy certaines clés d’impros. C’était une bonne décision car cela nous a permis de partager de beaux moments de rigolades tout en travaillant.
Il est 15h45, Marylène s’est réveillée et nous allons au marché acheter des tissus pour les costumes ainsi que des sacs de riz pour la scénographie. C’est toujours une sacrée aventure d’aller au marché. A demain !
Marylène :
Il est 22h12… je suis de retour du Limousin. Quelle après-midi! Pouh c’est toujours de la folie l’escapade au marché ! Faut s’accrocher parce qu’il y a tellement de monde, de bruits, de choses à voir-entendre-vivre que t’as l’impression que tu fais un périple. Rien à voir avec le jump à la Migros vite fait bien fait. Déjà moi je deviens totale neurasténique rien que d’y aller en zem. Ya plein d’embouteillages, c’est camel trophy genre pour s’y rendre. Chaque fois je prie pendant que le gars zigue-zague dans le traffic.
On a attaqué nos emplettes par le secteur des tissus pour nos costumes. On est contentes ça va être très beau. Surtout que c’est juste le meilleur tailleur du Bénin, Didier Fabrice, qui va nous les tailler. Gilet orange et bogolan pour Guiness, robette pour Marlo. L’idée c’est que dessous je mette un académique vert, genre danse contemporaine des années ’80! On va rigoler… Ensuite on a galéré pour trouver les sacs de riz vides qui feront notre « espace de jeu ». Parce qu’il y a plein de sacs de riz hyper marrants, j’avais déjà dit ça. On va essayer de faire un plateau comme ça. Un patchwork ! On en a d’ailleurs trouvés (après avoir tournicoté 2h entre les légumes, brosses à dent et chapeaux bizarres), déjà cousus entre eux. C’est très coloré et lumineux. Faut voir. L’idée est de les faire coudre sur une bâche, comme ça c’est pratique, léger et surtout ça nous permet de jouer en extérieur.
Voilà pour l’avancée du visuel. On attend encore des connexions en Suisse pour le reste de la scéno. Suite au prochain numéro.
Question petite vie quotidienne, tout se passe très bien, les filles sont heureuses elles ont appelé leurs chéris respectifs, ça fait plaisir de les voir avec les papillons dans le ventre. Moi je goûte au bonheur de la liberté enfin retrouvée. C’est agréable de savoir que personne attend. Ça me permet de profiter à fond d’être ici, sans culpabiliser d’adorer partir. Je rêve un peu aussi. Et pourquoi pas moi aussi une fois tenter une aventure loin de la Suisse ? Rêver de trouver du boulot ailleurs et de s’en créer aussi. Niveau clown en tout cas ya de la place…. Chez nous aussi, m’avait dit Gardi Hutter un jour que je l’avais rencontrée après son spectacle. En tout cas c’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde ! J’aime ressentir cette impression que tout est possible. Un vent frais et léger qui peut m’emmener n’importe où. Je suis prête.
D’ici je vous bec tous et toutes bien fort, je souhaite le meilleur à toutes celles et ceux qui nous soutiennent et nous encouragent dans cette aventure. Je remercie l’univers d’être si grand et généreux avec nous.
A très vite.
Rebecca :
Il est 14h38, la chanson d’Ismaël Lö « l’amour à tous les droits » voyage dans la pièce, Clayre est partie acheter le billet de Guy pour la Suisse, et mes compagnons de jeu font la sieste. Il fait très très chaud, le ventilo fait ce qu’il peut pour m’amener un peu d’air.
Plus que 15 jours ! Il s’agit à présent de se consacrer totalement à TEKITOI ? Je suis vraiment heureuse que Christophe nous aie rejoint. Non seulement pour passer des week end à Abomey mais surtout pour tout ce petit monde clownesque et musicale qu’il porte en lui. Lundi, nous avons commencé à travailler sous une chaleur de plomb au CCF. Marlo, Guiness, le Petit on dû perdre tout leur poids en liquide.
C’est pô toujours facile de faire des impros quand on est une éponge…. D’où la décision, de commencer plus tôt le matin, c'est-à-dire 7h00 jusqu’à 11h00, faire une pause et reprendre à 17h30 jusque tard. Nous avons décidé de rester définitivement sur le toit de notre maison où nous avons fait installer une bâche pour nous protéger du soleil. Après un échauffement en commun, nous partons sur les chemins de la découverte, je propose des thèmes, des situations afin que Guiness, Marlo et le Petit puissent s’ouvrir au jeu. Ce n’est pas aisé pour Guy d’entrer dans les rails du clown après seulement 10 matinées de stage. Je le vois, nous le voyons tous, il se démène comme un fou. Rien que rebondir sur une proposition de sa partenaire lui demande à réfléchir et justement le clown n’est pas dans le « réfléchir ». Notre façon d’appréhender le jeu n’est pas la même. Il a toujours construit le jeu par le texte, alors qu’avec le clown tout vient de nous, puiser dans notre énergie, laisser notre fantaisie nous guider. Je mesure à présent ce challenge non seulement de créer un spectacle sur la diversité culturelle mais d’éveiller un être à son clown. J’avoue que je suis tellement préoccupée par le spectacle, d’essayer de monter un canevas que je ne suis pas toujours consciente des limites actuelles de Guy. Surtout, qu’il ne dit rien, il écoute et se donne à fond. Marlo est très patiente, elle reste souvent en suspension car je demande à Guiness de refaire, de reprendre un petit détail pour qu’il comprenne qu’un seul geste qui grandit pour faire naître tout un monde. Christophe m’épaule avec patience et pertinence, ce qui est d’autant plus perturbant pour Guiness d’avoir 2 personnes qui le coachent. Le Petit vient quelque fois improviser avec Marlo et Guiness afin que chacunE puissent se confronter à un autre univers, cela a permis à Marlo de jouer car elle a faim de jeu ; je suis toujours à lui demander de se mettre en veilleuse. Elle m’a même fait de la résistance après une impro elle refusait d’enlever son nez…. Et puis hier soir, Marylène a demandé à revoir notre manière de travailler en nous faisant prendre conscience que Guy n’a pas assez d’outils tant un niveau du clown que des simples codes de l’improvisation. Une bonne discussion a permis de dénouer les angoisses des acteur et actrice et aussi que j’accepte de relâcher mon objectif, reculer pour mieux sauter. Je voulais que le canevas soit monté à la fin du séjour afin de travailler les détails à Genève. Et j’ai tendance à pousser, limite rigide. C’est que j’ai un peu peur d’être trop à la bourre. A Genève, nous n’aurons que 19 jours avant la première. Et il reste encore à penser aux costumes, à la scénographie définitive. Je sais bien par expérience que nous y arriverons, on a vu pire avec Marlo, mais j’aimerais vraiment que l’on réussisse avec beauté à mettre au monde ce bout de rêve que nous avons tous les 6.
Ce matin, nous avons abordeé le travail d’une autre manière, ce temps fut consacré à des jeux ludiques qui entraîne l’écoute, la fantaisie et offre à Guy certaines clés d’impros. C’était une bonne décision car cela nous a permis de partager de beaux moments de rigolades tout en travaillant.
Il est 15h45, Marylène s’est réveillée et nous allons au marché acheter des tissus pour les costumes ainsi que des sacs de riz pour la scénographie. C’est toujours une sacrée aventure d’aller au marché. A demain !
Marylène :
Il est 22h12… je suis de retour du Limousin. Quelle après-midi! Pouh c’est toujours de la folie l’escapade au marché ! Faut s’accrocher parce qu’il y a tellement de monde, de bruits, de choses à voir-entendre-vivre que t’as l’impression que tu fais un périple. Rien à voir avec le jump à la Migros vite fait bien fait. Déjà moi je deviens totale neurasténique rien que d’y aller en zem. Ya plein d’embouteillages, c’est camel trophy genre pour s’y rendre. Chaque fois je prie pendant que le gars zigue-zague dans le traffic.
On a attaqué nos emplettes par le secteur des tissus pour nos costumes. On est contentes ça va être très beau. Surtout que c’est juste le meilleur tailleur du Bénin, Didier Fabrice, qui va nous les tailler. Gilet orange et bogolan pour Guiness, robette pour Marlo. L’idée c’est que dessous je mette un académique vert, genre danse contemporaine des années ’80! On va rigoler… Ensuite on a galéré pour trouver les sacs de riz vides qui feront notre « espace de jeu ». Parce qu’il y a plein de sacs de riz hyper marrants, j’avais déjà dit ça. On va essayer de faire un plateau comme ça. Un patchwork ! On en a d’ailleurs trouvés (après avoir tournicoté 2h entre les légumes, brosses à dent et chapeaux bizarres), déjà cousus entre eux. C’est très coloré et lumineux. Faut voir. L’idée est de les faire coudre sur une bâche, comme ça c’est pratique, léger et surtout ça nous permet de jouer en extérieur.
Voilà pour l’avancée du visuel. On attend encore des connexions en Suisse pour le reste de la scéno. Suite au prochain numéro.
Question petite vie quotidienne, tout se passe très bien, les filles sont heureuses elles ont appelé leurs chéris respectifs, ça fait plaisir de les voir avec les papillons dans le ventre. Moi je goûte au bonheur de la liberté enfin retrouvée. C’est agréable de savoir que personne attend. Ça me permet de profiter à fond d’être ici, sans culpabiliser d’adorer partir. Je rêve un peu aussi. Et pourquoi pas moi aussi une fois tenter une aventure loin de la Suisse ? Rêver de trouver du boulot ailleurs et de s’en créer aussi. Niveau clown en tout cas ya de la place…. Chez nous aussi, m’avait dit Gardi Hutter un jour que je l’avais rencontrée après son spectacle. En tout cas c’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde ! J’aime ressentir cette impression que tout est possible. Un vent frais et léger qui peut m’emmener n’importe où. Je suis prête.
D’ici je vous bec tous et toutes bien fort, je souhaite le meilleur à toutes celles et ceux qui nous soutiennent et nous encouragent dans cette aventure. Je remercie l’univers d’être si grand et généreux avec nous.
A très vite.
mercredi 17 octobre 2007
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