Mercredi 16 octobre 2007
Rebecca :
Il est 14h38, la chanson d’Ismaël Lö « l’amour à tous les droits » voyage dans la pièce, Clayre est partie acheter le billet de Guy pour la Suisse, et mes compagnons de jeu font la sieste. Il fait très très chaud, le ventilo fait ce qu’il peut pour m’amener un peu d’air.
Plus que 15 jours ! Il s’agit à présent de se consacrer totalement à TEKITOI ? Je suis vraiment heureuse que Christophe nous aie rejoint. Non seulement pour passer des week end à Abomey mais surtout pour tout ce petit monde clownesque et musicale qu’il porte en lui. Lundi, nous avons commencé à travailler sous une chaleur de plomb au CCF. Marlo, Guiness, le Petit on dû perdre tout leur poids en liquide.
C’est pô toujours facile de faire des impros quand on est une éponge…. D’où la décision, de commencer plus tôt le matin, c'est-à-dire 7h00 jusqu’à 11h00, faire une pause et reprendre à 17h30 jusque tard. Nous avons décidé de rester définitivement sur le toit de notre maison où nous avons fait installer une bâche pour nous protéger du soleil. Après un échauffement en commun, nous partons sur les chemins de la découverte, je propose des thèmes, des situations afin que Guiness, Marlo et le Petit puissent s’ouvrir au jeu. Ce n’est pas aisé pour Guy d’entrer dans les rails du clown après seulement 10 matinées de stage. Je le vois, nous le voyons tous, il se démène comme un fou. Rien que rebondir sur une proposition de sa partenaire lui demande à réfléchir et justement le clown n’est pas dans le « réfléchir ». Notre façon d’appréhender le jeu n’est pas la même. Il a toujours construit le jeu par le texte, alors qu’avec le clown tout vient de nous, puiser dans notre énergie, laisser notre fantaisie nous guider. Je mesure à présent ce challenge non seulement de créer un spectacle sur la diversité culturelle mais d’éveiller un être à son clown. J’avoue que je suis tellement préoccupée par le spectacle, d’essayer de monter un canevas que je ne suis pas toujours consciente des limites actuelles de Guy. Surtout, qu’il ne dit rien, il écoute et se donne à fond. Marlo est très patiente, elle reste souvent en suspension car je demande à Guiness de refaire, de reprendre un petit détail pour qu’il comprenne qu’un seul geste qui grandit pour faire naître tout un monde. Christophe m’épaule avec patience et pertinence, ce qui est d’autant plus perturbant pour Guiness d’avoir 2 personnes qui le coachent. Le Petit vient quelque fois improviser avec Marlo et Guiness afin que chacunE puissent se confronter à un autre univers, cela a permis à Marlo de jouer car elle a faim de jeu ; je suis toujours à lui demander de se mettre en veilleuse. Elle m’a même fait de la résistance après une impro elle refusait d’enlever son nez…. Et puis hier soir, Marylène a demandé à revoir notre manière de travailler en nous faisant prendre conscience que Guy n’a pas assez d’outils tant un niveau du clown que des simples codes de l’improvisation. Une bonne discussion a permis de dénouer les angoisses des acteur et actrice et aussi que j’accepte de relâcher mon objectif, reculer pour mieux sauter. Je voulais que le canevas soit monté à la fin du séjour afin de travailler les détails à Genève. Et j’ai tendance à pousser, limite rigide. C’est que j’ai un peu peur d’être trop à la bourre. A Genève, nous n’aurons que 19 jours avant la première. Et il reste encore à penser aux costumes, à la scénographie définitive. Je sais bien par expérience que nous y arriverons, on a vu pire avec Marlo, mais j’aimerais vraiment que l’on réussisse avec beauté à mettre au monde ce bout de rêve que nous avons tous les 6.
Ce matin, nous avons abordeé le travail d’une autre manière, ce temps fut consacré à des jeux ludiques qui entraîne l’écoute, la fantaisie et offre à Guy certaines clés d’impros. C’était une bonne décision car cela nous a permis de partager de beaux moments de rigolades tout en travaillant.
Il est 15h45, Marylène s’est réveillée et nous allons au marché acheter des tissus pour les costumes ainsi que des sacs de riz pour la scénographie. C’est toujours une sacrée aventure d’aller au marché. A demain !
Marylène :
Il est 22h12… je suis de retour du Limousin. Quelle après-midi! Pouh c’est toujours de la folie l’escapade au marché ! Faut s’accrocher parce qu’il y a tellement de monde, de bruits, de choses à voir-entendre-vivre que t’as l’impression que tu fais un périple. Rien à voir avec le jump à la Migros vite fait bien fait. Déjà moi je deviens totale neurasténique rien que d’y aller en zem. Ya plein d’embouteillages, c’est camel trophy genre pour s’y rendre. Chaque fois je prie pendant que le gars zigue-zague dans le traffic.
On a attaqué nos emplettes par le secteur des tissus pour nos costumes. On est contentes ça va être très beau. Surtout que c’est juste le meilleur tailleur du Bénin, Didier Fabrice, qui va nous les tailler. Gilet orange et bogolan pour Guiness, robette pour Marlo. L’idée c’est que dessous je mette un académique vert, genre danse contemporaine des années ’80! On va rigoler… Ensuite on a galéré pour trouver les sacs de riz vides qui feront notre « espace de jeu ». Parce qu’il y a plein de sacs de riz hyper marrants, j’avais déjà dit ça. On va essayer de faire un plateau comme ça. Un patchwork ! On en a d’ailleurs trouvés (après avoir tournicoté 2h entre les légumes, brosses à dent et chapeaux bizarres), déjà cousus entre eux. C’est très coloré et lumineux. Faut voir. L’idée est de les faire coudre sur une bâche, comme ça c’est pratique, léger et surtout ça nous permet de jouer en extérieur.
Voilà pour l’avancée du visuel. On attend encore des connexions en Suisse pour le reste de la scéno. Suite au prochain numéro.
Question petite vie quotidienne, tout se passe très bien, les filles sont heureuses elles ont appelé leurs chéris respectifs, ça fait plaisir de les voir avec les papillons dans le ventre. Moi je goûte au bonheur de la liberté enfin retrouvée. C’est agréable de savoir que personne attend. Ça me permet de profiter à fond d’être ici, sans culpabiliser d’adorer partir. Je rêve un peu aussi. Et pourquoi pas moi aussi une fois tenter une aventure loin de la Suisse ? Rêver de trouver du boulot ailleurs et de s’en créer aussi. Niveau clown en tout cas ya de la place…. Chez nous aussi, m’avait dit Gardi Hutter un jour que je l’avais rencontrée après son spectacle. En tout cas c’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde ! J’aime ressentir cette impression que tout est possible. Un vent frais et léger qui peut m’emmener n’importe où. Je suis prête.
D’ici je vous bec tous et toutes bien fort, je souhaite le meilleur à toutes celles et ceux qui nous soutiennent et nous encouragent dans cette aventure. Je remercie l’univers d’être si grand et généreux avec nous.
A très vite.
jeudi 18 octobre 2007
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1 commentaire:
Salut les filles, salut les garçons !
Waow, ça a l'air plein, ce voyage ! J'ai eu beaucoup de plaisir à vous lire et je me réjouis de voir votre spectacle. S'il vous plaît, s'il vous plaît, envoyez moi de la pub quand vous rentrez. Si j'ai bien compris, il doit se passer dans environ un mois à Genève...
Bravo pour votre courage et votre engagement !
Je vous embrasse tous et toutes bien fort !
Séverine
favreseverine@gmail.com
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