Mercredi 16 octobre 2007
Rebecca :
Il est 14h38, la chanson d’Ismaël Lö « l’amour à tous les droits » voyage dans la pièce, Clayre est partie acheter le billet de Guy pour la Suisse, et mes compagnons de jeu font la sieste. Il fait très très chaud, le ventilo fait ce qu’il peut pour m’amener un peu d’air.
Plus que 15 jours ! Il s’agit à présent de se consacrer totalement à TEKITOI ? Je suis vraiment heureuse que Christophe nous aie rejoint. Non seulement pour passer des week end à Abomey mais surtout pour tout ce petit monde clownesque et musicale qu’il porte en lui. Lundi, nous avons commencé à travailler sous une chaleur de plomb au CCF. Marlo, Guiness, le Petit on dû perdre tout leur poids en liquide.
C’est pô toujours facile de faire des impros quand on est une éponge…. D’où la décision, de commencer plus tôt le matin, c'est-à-dire 7h00 jusqu’à 11h00, faire une pause et reprendre à 17h30 jusque tard. Nous avons décidé de rester définitivement sur le toit de notre maison où nous avons fait installer une bâche pour nous protéger du soleil. Après un échauffement en commun, nous partons sur les chemins de la découverte, je propose des thèmes, des situations afin que Guiness, Marlo et le Petit puissent s’ouvrir au jeu. Ce n’est pas aisé pour Guy d’entrer dans les rails du clown après seulement 10 matinées de stage. Je le vois, nous le voyons tous, il se démène comme un fou. Rien que rebondir sur une proposition de sa partenaire lui demande à réfléchir et justement le clown n’est pas dans le « réfléchir ». Notre façon d’appréhender le jeu n’est pas la même. Il a toujours construit le jeu par le texte, alors qu’avec le clown tout vient de nous, puiser dans notre énergie, laisser notre fantaisie nous guider. Je mesure à présent ce challenge non seulement de créer un spectacle sur la diversité culturelle mais d’éveiller un être à son clown. J’avoue que je suis tellement préoccupée par le spectacle, d’essayer de monter un canevas que je ne suis pas toujours consciente des limites actuelles de Guy. Surtout, qu’il ne dit rien, il écoute et se donne à fond. Marlo est très patiente, elle reste souvent en suspension car je demande à Guiness de refaire, de reprendre un petit détail pour qu’il comprenne qu’un seul geste qui grandit pour faire naître tout un monde. Christophe m’épaule avec patience et pertinence, ce qui est d’autant plus perturbant pour Guiness d’avoir 2 personnes qui le coachent. Le Petit vient quelque fois improviser avec Marlo et Guiness afin que chacunE puissent se confronter à un autre univers, cela a permis à Marlo de jouer car elle a faim de jeu ; je suis toujours à lui demander de se mettre en veilleuse. Elle m’a même fait de la résistance après une impro elle refusait d’enlever son nez…. Et puis hier soir, Marylène a demandé à revoir notre manière de travailler en nous faisant prendre conscience que Guy n’a pas assez d’outils tant un niveau du clown que des simples codes de l’improvisation. Une bonne discussion a permis de dénouer les angoisses des acteur et actrice et aussi que j’accepte de relâcher mon objectif, reculer pour mieux sauter. Je voulais que le canevas soit monté à la fin du séjour afin de travailler les détails à Genève. Et j’ai tendance à pousser, limite rigide. C’est que j’ai un peu peur d’être trop à la bourre. A Genève, nous n’aurons que 19 jours avant la première. Et il reste encore à penser aux costumes, à la scénographie définitive. Je sais bien par expérience que nous y arriverons, on a vu pire avec Marlo, mais j’aimerais vraiment que l’on réussisse avec beauté à mettre au monde ce bout de rêve que nous avons tous les 6.
Ce matin, nous avons abordeé le travail d’une autre manière, ce temps fut consacré à des jeux ludiques qui entraîne l’écoute, la fantaisie et offre à Guy certaines clés d’impros. C’était une bonne décision car cela nous a permis de partager de beaux moments de rigolades tout en travaillant.
Il est 15h45, Marylène s’est réveillée et nous allons au marché acheter des tissus pour les costumes ainsi que des sacs de riz pour la scénographie. C’est toujours une sacrée aventure d’aller au marché. A demain !
Marylène :
Il est 22h12… je suis de retour du Limousin. Quelle après-midi! Pouh c’est toujours de la folie l’escapade au marché ! Faut s’accrocher parce qu’il y a tellement de monde, de bruits, de choses à voir-entendre-vivre que t’as l’impression que tu fais un périple. Rien à voir avec le jump à la Migros vite fait bien fait. Déjà moi je deviens totale neurasténique rien que d’y aller en zem. Ya plein d’embouteillages, c’est camel trophy genre pour s’y rendre. Chaque fois je prie pendant que le gars zigue-zague dans le traffic.
On a attaqué nos emplettes par le secteur des tissus pour nos costumes. On est contentes ça va être très beau. Surtout que c’est juste le meilleur tailleur du Bénin, Didier Fabrice, qui va nous les tailler. Gilet orange et bogolan pour Guiness, robette pour Marlo. L’idée c’est que dessous je mette un académique vert, genre danse contemporaine des années ’80! On va rigoler… Ensuite on a galéré pour trouver les sacs de riz vides qui feront notre « espace de jeu ». Parce qu’il y a plein de sacs de riz hyper marrants, j’avais déjà dit ça. On va essayer de faire un plateau comme ça. Un patchwork ! On en a d’ailleurs trouvés (après avoir tournicoté 2h entre les légumes, brosses à dent et chapeaux bizarres), déjà cousus entre eux. C’est très coloré et lumineux. Faut voir. L’idée est de les faire coudre sur une bâche, comme ça c’est pratique, léger et surtout ça nous permet de jouer en extérieur.
Voilà pour l’avancée du visuel. On attend encore des connexions en Suisse pour le reste de la scéno. Suite au prochain numéro.
Question petite vie quotidienne, tout se passe très bien, les filles sont heureuses elles ont appelé leurs chéris respectifs, ça fait plaisir de les voir avec les papillons dans le ventre. Moi je goûte au bonheur de la liberté enfin retrouvée. C’est agréable de savoir que personne attend. Ça me permet de profiter à fond d’être ici, sans culpabiliser d’adorer partir. Je rêve un peu aussi. Et pourquoi pas moi aussi une fois tenter une aventure loin de la Suisse ? Rêver de trouver du boulot ailleurs et de s’en créer aussi. Niveau clown en tout cas ya de la place…. Chez nous aussi, m’avait dit Gardi Hutter un jour que je l’avais rencontrée après son spectacle. En tout cas c’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde ! J’aime ressentir cette impression que tout est possible. Un vent frais et léger qui peut m’emmener n’importe où. Je suis prête.
D’ici je vous bec tous et toutes bien fort, je souhaite le meilleur à toutes celles et ceux qui nous soutiennent et nous encouragent dans cette aventure. Je remercie l’univers d’être si grand et généreux avec nous.
A très vite.
jeudi 18 octobre 2007
mercredi 17 octobre 2007
Lundi 14 octobre
Marylène :
Ça y est on attaque la troisième semaine. Waouh ! ça file !
On a déjà passé un gros cap vendredi, avec la présentation publique à l’issue du stage. J’ai flippé de chez flippé, toutes mes tripes et boyaux, dès le matin le bide en charpille et une angoisse qui a duré toute la journée. C’est fou comme j’ai peur chaque fois que je mets des gens sur scène. Ça me rappelle quand Nathan et Daphné de l’école de cirque de Sainte-Croix - Lezarticirque – ont présenté un numéro au concours des Ecoles de Cirques à Confignon (Genève)… je pleurais dans les loges au moment où il et elle sont rentréEs en piste. Bon ce coup-ci j’ai pas pleuré, parce qu’il fallait assurer la présentation devant les gens. Ouf ! Donc ça devait commencer à 18h30, on a attendu « la demi-heure africaine », je faisais un peu hôtesse s’accueil. Aïe aïe aïe ! C’est pas le truc que je maîtrise le plus faut dire. Bon je m’étais quand même déguisée en fille pour l’occas’, avec du rouge à lèvres même… ça a bien fait rire Sylviana, notre stagiaire clown-trash. Je suis heureuse que Ousmane Aledji soit venu. C’était une sorte d’honneur car il est le metteur en scène Agbo N’Koko, la compagnie de Guy-Ernest. Il y avait une cinquantaine de personnes, c’est bien, vue la marginalité de la pratique.
D’ailleurs c’est ce que j’ai dit en introduction : les clowns sont en marge de tout, du théâtre et de la société dans son ensemble. J’ai expliqué en quelques mots comment nous avions travaillé durant les deux semaines et j’ai présenté le déroulement de la soirée. Tout d’abord petite partie technique, suivie de trois impros qui avaient été préparées pendant le stage, ensuite un scénario incluant tout le groupe, proposée par un des stagiaires, Jean-Louis ; et pour terminer deux impros que les stagiaires ne connaissaient pas. Ça a commencé gentiment. Le public était d’abord surpris par l’univers clownesque, puis petit à petit, les gens se sont laissés prendre. Guy-Ernest et Jean-Louis nous ont fait une magnifique performance avec leur séquence du conférencier et de l’assistant. Jean-Louis était remarquable dans son discours sur les raisons pour lesquelles les jeunes filles pratiquent l’avortement. Deux raisons principales : l’infidélité d’une part et les traditions d’autre part. Concernant l’infidélité, il a donné l’exemple d’une jeune fille qui aurait dans sa carrière… sexuelle du moins, fréquenté 15 hommes de différentes origines et couleurs le même mois et qui serait tombée enceinte par la grâce de Dieu. Le point était que : qui voudrait d’un enfant arc-en-ciel ? La deuxième raison évoquée : le fa qui est l’oracle que les femmes consultent quand elles apprennent qu’elles sont enceintes. Si ce prêtre traditionnel annonce que l’enfant à venir va avoir une grosse tête et huit orteils seulement, et qu’en plus il sera bandit à 10 ans, il paraît évident que personne ne voudrait d’un tel enfant……. dit comme ça ça peut paraître un peu cru, mais il faut se figurer tous ces propos entrecoupés des interventions de Guy qui faisait tout pour son conférencier chéri, mais tellement tout qu’il était difficile pour ce dernier de poursuivre son discours. Cette séquence était magistrale, là j’ai pleuré de rire ! Un excellent duo avec un réel plaisir de jeu partagé. Régal et cadeau pour la petite Marlo que je suis. Je dois avouer que j’étais fière des sept stagiaires. ChacunE a donné le meilleur de soi à ce moment là. La clown attitude y était. Merci, mille merci à Tonton, Anselme, Jean-Louis, Serge, Sylviana, Josiane et Guy-Ernest. A l’issue de la présentation les retours du public étaient enthousiastes. Et moi SOU-LA-GEE !
Dans la voie, juste.
Après le week-end avait plus ka se tenir tranquille ! J’ai pas été au Royaume du Dahomey. Fallait que je récupère émotionnellement et physiquement aussi. Donc je suis restée à la maison. J’en ai profité pour peindre ma guitare. Superbe ! Violette métale nacrée et verte de l’autre côté. J’adore !
Evénement marquant du week-end, je le signale parce que c’est complètement dans le thème de notre création, la diversité culturelle. Je situe le contexte. Je voulais aller à un méga concert au stade de l’amitié, genre 12 groupes qui viennent chanter sur invitation du président. Grand événement culturel offert à la population de Cotonou. Je me réjouissais parce que j’avais envie de danser avec les jeunes, comme pour le concert de Tikken Jah Falkoly à Bamako l’année passée. Avant d’entrer dans le stade je me rends compte que j’ai trop de sous sur moi pour ce genre de manif’, donc je demande à Guy de prendre mon porte-monnaie, histoire de pas tenter le djable comme on dit chez nous. Guy s’en va dans sa famille et moi je vais pas au concert finalement parce qu’il a été annulé pour une raison que j’ignore. Du coup je rentre à la maison et j’attends le retour de mon partenaire adoré. Il me téléphone vers 22 h pour m’informer qu’il ne rentre pas parce qu’il a des affaires familiales à régler. Ok ! j’étais déçue mais j’ai fais la grande fille qui assure et qui a même pas peur de rester toute seule dans cette maison pleine de bruits bizarres. J’hésite à aller me jeter une petite bière au Limousin et du coup tchac je constate que j’ai pas mon porte-monnaie. Et ça me fait rire. J’écris un SMS à Guy, pour rire : « Et bien Monsieur K heureusement que nous travaillons au dépassement des clichés parce qu’un Africain qui disparaît avec le porte-monnaie de la petite yovo (blanche) sous prétexte de famille, ça sent un peu l’arnaque !! hihihihi ! » j’envoie et je continue à peindre 10 minutes et tout à coup, prise de conscience : putain j’ai loosé !
Je sens que c’est pas du tout le genre de gag à faire. Je récris ni une ni deux à Guy pour dire que vraiment je blaguais…. J’essaie de l’appeler 4 fois…. Rien pas de réponse. Merde de merde ! la dèche ! Du coup j’ai culpabilisé toute la nuit et j’ai monstre flippé à cause de quelque qu’un qui est venu tapé à notre portail vers 2h du mat ‘ (finalement c’était pour les voisins qui habitent en dessous de chez nous)…. Alalala…. Je faisais pas la maligne dimanche matin quand j’avais toujours pas de nouvelles de Guy, que j’arrivais pas à atteindre le reste de la bande, partie au Dahomey, et que malgré mon insistance mes appels restaient sans échos. Heureusement vers 12h30, Guy est rentré. On a discuté….effectivement je l’avais blessé. Je comprends. J’apprends les limites de l’humour.
Le reste de la journée était super : on a été dans la meilleure pâtisserie de Cotonou où la dame Marquise m’a fait dégusté ses glaces. Comme en Italie. Je m’envolais au milieu de la boutique. J’ai dit à Guy que cette fois c’était bon je pouvais venir m’installer au Bénin. Il m’a répondu que si un jour je venais, j’aurais une meilleure raison que ça. Comme si manger une forêt noire délicieuse au bord de l’Océan Atlantique en compagnie d’un homme extraordinaire n’était pas une raison suffisante pour émigrer.
Une autre histoire.
Marlo :
Pouf pouf urk gasp de gasp……ce matin la grande m’a sortie de mon sac… franchement j’ai jamais eu aussi chaud de ma vie. Dans le noir de ma toile j’étais au moins protégée de l’étuve, parce que là franchement j’ai cru que je me liquéfiais total. J’allai fondre et changer de forme définitivement. Genre bougie qui meurt. Toute fondue la Marlo ! Bon là j’ai cours de guitare et je suis déjà monstre à la bourre et le blabla c’est pas trop mon truc…tchâouhhhhhhhhh la bande !
Marylène :
Ça y est on attaque la troisième semaine. Waouh ! ça file !
On a déjà passé un gros cap vendredi, avec la présentation publique à l’issue du stage. J’ai flippé de chez flippé, toutes mes tripes et boyaux, dès le matin le bide en charpille et une angoisse qui a duré toute la journée. C’est fou comme j’ai peur chaque fois que je mets des gens sur scène. Ça me rappelle quand Nathan et Daphné de l’école de cirque de Sainte-Croix - Lezarticirque – ont présenté un numéro au concours des Ecoles de Cirques à Confignon (Genève)… je pleurais dans les loges au moment où il et elle sont rentréEs en piste. Bon ce coup-ci j’ai pas pleuré, parce qu’il fallait assurer la présentation devant les gens. Ouf ! Donc ça devait commencer à 18h30, on a attendu « la demi-heure africaine », je faisais un peu hôtesse s’accueil. Aïe aïe aïe ! C’est pas le truc que je maîtrise le plus faut dire. Bon je m’étais quand même déguisée en fille pour l’occas’, avec du rouge à lèvres même… ça a bien fait rire Sylviana, notre stagiaire clown-trash. Je suis heureuse que Ousmane Aledji soit venu. C’était une sorte d’honneur car il est le metteur en scène Agbo N’Koko, la compagnie de Guy-Ernest. Il y avait une cinquantaine de personnes, c’est bien, vue la marginalité de la pratique.
D’ailleurs c’est ce que j’ai dit en introduction : les clowns sont en marge de tout, du théâtre et de la société dans son ensemble. J’ai expliqué en quelques mots comment nous avions travaillé durant les deux semaines et j’ai présenté le déroulement de la soirée. Tout d’abord petite partie technique, suivie de trois impros qui avaient été préparées pendant le stage, ensuite un scénario incluant tout le groupe, proposée par un des stagiaires, Jean-Louis ; et pour terminer deux impros que les stagiaires ne connaissaient pas. Ça a commencé gentiment. Le public était d’abord surpris par l’univers clownesque, puis petit à petit, les gens se sont laissés prendre. Guy-Ernest et Jean-Louis nous ont fait une magnifique performance avec leur séquence du conférencier et de l’assistant. Jean-Louis était remarquable dans son discours sur les raisons pour lesquelles les jeunes filles pratiquent l’avortement. Deux raisons principales : l’infidélité d’une part et les traditions d’autre part. Concernant l’infidélité, il a donné l’exemple d’une jeune fille qui aurait dans sa carrière… sexuelle du moins, fréquenté 15 hommes de différentes origines et couleurs le même mois et qui serait tombée enceinte par la grâce de Dieu. Le point était que : qui voudrait d’un enfant arc-en-ciel ? La deuxième raison évoquée : le fa qui est l’oracle que les femmes consultent quand elles apprennent qu’elles sont enceintes. Si ce prêtre traditionnel annonce que l’enfant à venir va avoir une grosse tête et huit orteils seulement, et qu’en plus il sera bandit à 10 ans, il paraît évident que personne ne voudrait d’un tel enfant……. dit comme ça ça peut paraître un peu cru, mais il faut se figurer tous ces propos entrecoupés des interventions de Guy qui faisait tout pour son conférencier chéri, mais tellement tout qu’il était difficile pour ce dernier de poursuivre son discours. Cette séquence était magistrale, là j’ai pleuré de rire ! Un excellent duo avec un réel plaisir de jeu partagé. Régal et cadeau pour la petite Marlo que je suis. Je dois avouer que j’étais fière des sept stagiaires. ChacunE a donné le meilleur de soi à ce moment là. La clown attitude y était. Merci, mille merci à Tonton, Anselme, Jean-Louis, Serge, Sylviana, Josiane et Guy-Ernest. A l’issue de la présentation les retours du public étaient enthousiastes. Et moi SOU-LA-GEE !
Dans la voie, juste.
Après le week-end avait plus ka se tenir tranquille ! J’ai pas été au Royaume du Dahomey. Fallait que je récupère émotionnellement et physiquement aussi. Donc je suis restée à la maison. J’en ai profité pour peindre ma guitare. Superbe ! Violette métale nacrée et verte de l’autre côté. J’adore !
Evénement marquant du week-end, je le signale parce que c’est complètement dans le thème de notre création, la diversité culturelle. Je situe le contexte. Je voulais aller à un méga concert au stade de l’amitié, genre 12 groupes qui viennent chanter sur invitation du président. Grand événement culturel offert à la population de Cotonou. Je me réjouissais parce que j’avais envie de danser avec les jeunes, comme pour le concert de Tikken Jah Falkoly à Bamako l’année passée. Avant d’entrer dans le stade je me rends compte que j’ai trop de sous sur moi pour ce genre de manif’, donc je demande à Guy de prendre mon porte-monnaie, histoire de pas tenter le djable comme on dit chez nous. Guy s’en va dans sa famille et moi je vais pas au concert finalement parce qu’il a été annulé pour une raison que j’ignore. Du coup je rentre à la maison et j’attends le retour de mon partenaire adoré. Il me téléphone vers 22 h pour m’informer qu’il ne rentre pas parce qu’il a des affaires familiales à régler. Ok ! j’étais déçue mais j’ai fais la grande fille qui assure et qui a même pas peur de rester toute seule dans cette maison pleine de bruits bizarres. J’hésite à aller me jeter une petite bière au Limousin et du coup tchac je constate que j’ai pas mon porte-monnaie. Et ça me fait rire. J’écris un SMS à Guy, pour rire : « Et bien Monsieur K heureusement que nous travaillons au dépassement des clichés parce qu’un Africain qui disparaît avec le porte-monnaie de la petite yovo (blanche) sous prétexte de famille, ça sent un peu l’arnaque !! hihihihi ! » j’envoie et je continue à peindre 10 minutes et tout à coup, prise de conscience : putain j’ai loosé !
Je sens que c’est pas du tout le genre de gag à faire. Je récris ni une ni deux à Guy pour dire que vraiment je blaguais…. J’essaie de l’appeler 4 fois…. Rien pas de réponse. Merde de merde ! la dèche ! Du coup j’ai culpabilisé toute la nuit et j’ai monstre flippé à cause de quelque qu’un qui est venu tapé à notre portail vers 2h du mat ‘ (finalement c’était pour les voisins qui habitent en dessous de chez nous)…. Alalala…. Je faisais pas la maligne dimanche matin quand j’avais toujours pas de nouvelles de Guy, que j’arrivais pas à atteindre le reste de la bande, partie au Dahomey, et que malgré mon insistance mes appels restaient sans échos. Heureusement vers 12h30, Guy est rentré. On a discuté….effectivement je l’avais blessé. Je comprends. J’apprends les limites de l’humour.
Le reste de la journée était super : on a été dans la meilleure pâtisserie de Cotonou où la dame Marquise m’a fait dégusté ses glaces. Comme en Italie. Je m’envolais au milieu de la boutique. J’ai dit à Guy que cette fois c’était bon je pouvais venir m’installer au Bénin. Il m’a répondu que si un jour je venais, j’aurais une meilleure raison que ça. Comme si manger une forêt noire délicieuse au bord de l’Océan Atlantique en compagnie d’un homme extraordinaire n’était pas une raison suffisante pour émigrer.
Une autre histoire.
Marlo :
Pouf pouf urk gasp de gasp……ce matin la grande m’a sortie de mon sac… franchement j’ai jamais eu aussi chaud de ma vie. Dans le noir de ma toile j’étais au moins protégée de l’étuve, parce que là franchement j’ai cru que je me liquéfiais total. J’allai fondre et changer de forme définitivement. Genre bougie qui meurt. Toute fondue la Marlo ! Bon là j’ai cours de guitare et je suis déjà monstre à la bourre et le blabla c’est pas trop mon truc…tchâouhhhhhhhhh la bande !
mardi 16 octobre 2007
Dimanche soir 13 octobre 2007
Rebecca :
Week end à Abomey : Maman Clayre, Papi Serpi et moi sommes partis pour un week end en « campagne « ! A Abomey à 145 km de Cotonou, ville du royaume du Dahomay ou vécurent pleins de rois. Bon ! pour les érudits d’histoires ; 14 rois (donc 14 palais) qui régnèrent de 1620 à 1900, date de l’occupation française. Je vous préviens mon récit va être long…. Prévoyez sandwichs et boissons….
Donc samedi matin sous un ciel menaçant, nous enfourchons des zems. Juste le temps d’arriver au lieu des taxis brousse avant que le déluge ne s’abatte sur nous (ici ce qui est bien c’est que quand il fait chaud il fait chaud et quand il pleut il pleut). Au moment où maman Clayre me lance « reste calme et ne donne pas ton sac », une nuée de gars se jettent sur nous afin de nous emmener vers d obscurs endroits. Je suis donc restée très calme et j’ai NON !... NON je te dis ! quand le monsieur a voulu prendre mon sac. Vu les litres d’eaux qui descendaient du ciel, on s’est vite abrité sous une toit de tôle qui.. goûtait… bien sûr !… Et les transactions ont pu commencé.
Extrait :
Clayre : on cherche taxi pour Abomey
Un homme : y a pas
Clayre : y a pas ?
Un homme : non !
Clayre : ah !
Un autre homme : faut aller à Dassau
Clayre : c’est sur le chemin de Cotonou ?
Un autre homme : oui
Clayre : c’est combien de temps !
Un autre homme : pas beaucoup !
Un autre autre homme : Tu veux allé à Abomey ?
Clayre : oui ! tu vas directement ?
Un autre autre homme : oui
Clayre : Cotonou – Abomey direct ?
Un autre autre homme : oui oui
Clayre : c est combien par personnes
Un homme : 15 000 cfa
Un autre autre homme : 14 000 cfa
Un autre homme : ?????
Clayre : 15 000 ! c est trop cher
Un autre autre homme : non pas trop cher.
Clayre : attends nous prend pas pour des yovos !
Un autre homme : ??????
Clayre : non le prix normal c est 2500 cfa par personne (ref guide du routard)
Je rappelle qui pleut à tomber les dents
Un nouvel autre homme : je te fais 13 000 cfa et pas d’autres personnes, climatisé, musique
Clayre : se tourne vers Christophe et dit à son oreille Bon fais le mec qui est pas d’accord ! Le chauffeur demande 13 000 cf pour les 3 t’est d’accord
Christophe : qui prend un air de responsable de groupe en goguette ah non ! c’est trop cher ! 10'000 cfa …..
Un nouvel autre homme : pas trop cher, il pleut !
Tout cela a duré un peu moins de 40 minutes, on a finit pas tomber sur 12000 cfa pour les 3 avec climatisation et musique. Le chauffeur file chercher son char. C’est sans compter que l’autre l’autre l’autre l’autre homme qui avait servi d’intermédiaire était restait toute la discussion sous la pluie, ca pleuvait comme vache qui pisse et lui restait de marbre avec ses sandalettes comme goutières. Donc il a commencé par enlever son t-shirt surmouillé et le tend à Christophe en criant « moi mouillait pour toi donne cadeau ». Il nous a harcelé jusqu’à la voiture et même il a essayé de piquer les lunettes de Christophe. On s’engouffre donc dans la voiture et là surprise il y a déjà 2 autres passagers. Ah parce ce qu’il faut savoir c’est dans les taxis brousse c’est 7 passagers (deux sur le siège passagers, 4 personnes derrière et c’est pas des 4/4 non plutôt vieille peugeot 305). Le temps que l’on fasse remarquer au chauffeur que c’est pas ce qui avait été dit et qu’on ne veut pas payer le même tarif, qu’on était déjà à 15 minutes de Cotonou. Clayre était dans une colère noire, elle ne supporte pas quand elle se sent la yovo qu on couillonne. Le chauffeur faisait la sourde oreille, dehors il délugeait, on était trop loin du centre ville, tous le monde avait les nerfs, et c’est là que Christophe qui est pour moi le zen réincarné s’est mis à hurler au chauffer, on est tous restait sans voix, la bouche ouverte. Bref, le chauffeur s’arrête, nous on pensait que c’était pour discuter et ben non c’était pour prendre… une autre personne : le propriétaire du véhicule. Un gentil monsieur avec une serviette de bain sur la tête. On rediscute un moment avec lui sur les circonstances de notre énervement et pour finir nous trouvons un arrangement. 10000cfa pas plus pas moins. Donc, tout le monde est content et le véhicule redémarre. Sur le chemin, nous avons traversé des villages, des marchés ou grouillait de gens, de marchands, à chaque arrêt une nuée de petites vendeuses essayaient désespéramment de nous vendre des citrons, des arachides et autres petits encas. En repartant, le chauffeur en a écrasé une ou deux sur son passage. Mais non je rigole !. Ca roulait bien vite et comme le chemin était couvert de nid de poule, on a slalomé avec une tendance à être sur la gauche. Ici quand on est à gauche on est à gauche. C’est assez flippant surtout sous la PLUIE, coincés comme des sardines. Christophe était assis sur le siège de devant avec le proprio. Il avait le cul sur le frein à main et devait se tenir à la poignée du plafond. Avec le bonheur d’avoir le proprio coincé contre lui (toujours son linge de bain sur la tête) celui-ci d’ailleurs a fini tel un enfant mignon par s’endormir contre la poitrine de Christophe. On était plié en deux avec Clayre. Quand la pluie c’est arrêté, je me suis dit chouette je vais faire des photos et c’est là que mon appareil m’a gentiment dit « changer batterie » super pas de photos.
Arrivé à Abomey, le chauffeur bien sur nous a largé devant l’entrée de la ville prétextant je sais plus quoi, on a lâché et avons pris des zems pour aller à l’auberge « Chez Monique » (ref le routard) Une jolie auberge dans un jardin tropicale, avec un parc à crocodile (argh) , un singe en cage (bof) des chiens tout maigrelets (ouains) et des lézards (normal). Après avoir laissé nos affaires, nous sommes repartis visiter les alentours. On s’est rendu au palais du roi Guézo mais celui-ci était fermé (pas Guézo il est mort, non le palais était fermé) donc on a acheté les souvenirs afin de gagner du temps pour le lendemain (pas folle les guêpes). On a marché dans la ville (que je trouve plutôt village, mais quand j’ai dit…ah oui j’ai oublié de vous dire ca : on est passé devant une prison et donc je dis au zem « Oh vous avez une prison ! je croyais que c’était seulement dans les grandes villes », celui me répond offusqué « mais c’est une grande ville ! ») bon là je m’égare…. Donc on a marché dans la ville..age, qui est juste magnifique. La terre est très rouge, ce qui fait que les murs des maisonnettes le sont également. Tout autour c’est vert, beaucoup de végétations et pourtant les chemins sont secs de chez sec (ici quand c’est sec c’est sec). Des gamins qui courent partout, des femmes couchés (c’est dingue, dès qu’ils sont 5 minutes ils posent des cosses, les vendeurs, la guide du musée, le réceptionniste de l’auberge, dans la rue…bon faut dire qu’il fait chaud) Des petites échoppes de couture « haute taillerie l’espérance », de coiffure « la Santé Coiffure », des échappes « un peu de tout ». Je vous dis y a des photos qui se perdent ! (Christophe avait aussi pris son appareil mais celui-ci aussi avait la batterie à plat… Et en plus son chargeur est resté en France.) Bref ! c’était magnifique. Pour finir on s’est arrêté dans une boutique de djembés. Ni une ni deux le monsieur de la boutique nous a sorti tout son stock dans la rue. Ce qui a déjà crée un petit remue ménage qui a a fini par un embouteillage quand Christophe s’est mis à jouer, le monsieur à le suivre, Clayre a frapper des mains et moi à chanter. Les mamans des autres boutiques se sont jointes à nos mains et c’était la fête avec les yovos. Au bout d’une quarantaine de minutes, on a senti que si on acheté par quelque chose c’était soit on devait courir très vite, soit on passait pour des yovos vraiment pas sympas, résultat Christophe est reparti avec 2 instruments. Arrivé chez Monique, on a soupé sous les étoiles au son des grillons et d’un truc qu on a pas reconnu. Ensuite on est allé se coucher et Christophe armé de sa prise de son s’est noyé dans la nuit….
Le lendemain matin, Christophe s’est levé à 7 heures pour retourner dans le coin faire de la pêche au son. Il est revenu 1 heure plus tard pour finir la grasse mat avec nous (enfin, dans son lit). Vers les 11 heures, on a loué des vélos et on est partis en balade dans la campagne, à travers les petites habitations. On a croisé tous pleins de gens sympas qui nous appeler yovos (ben oui on est blanc on va pas en faire tout un plat) et on leur répondait « afongandgia » (phonétique, je sais plus comment on écrit et là c’est presque minuit donc je vais pas réveiller Guy pour qu’il me donne la bonne orthographe) dès que tu parles dans leur langues les gens sont super content et nous répondent un long discours et nous on se contente de hocher la tête en souriant. On a fini par visiter les palais d’Abomey, bon palais c’est pas comme chez nous, c’est plutot genre « construction en largeur » des cases améliorées, par contre ce qui est très beau ce sont les grandes cours qui entourent chaque petits palais, les murs sont recouverts de sculptures incrustés avec des scènes de guerre, de morts, d’armes, afin c’était des guerriers ces rois normal quoi ! Et on est entré dans le tombeau du roi Guezo qui donc s’est fait enterré avec ses 41 femmes (je précise qu’elles étaient vivantes au moment de sa mort, mais elles ont décidé d’un commun accord de le suivre dans la tombe, ca c’est de l’amour !!) et petits détails si j’ose l’expression les murs qui protège le tombeau sont un mélange de terre, de sang humains, de bijoux, et autres matières premières assez inquiétantes. On a cherché les bijoux mais on a rien trouvé. Comme je vous disais plus haut, on était accompagné d’une guide, Pierrette, très sympa mais très fatiguée. Elle profitait des moments ou l’on regardait ailleurs pour poser sa cosse. Après cette visite culturelle, on a vidé une boisson sucrée et on a repris nos vélos. On s’est un peu perdu, on s’est retrouvé et finalement Christophe a crevé…. On s’est arrêté pour avaler de la pâte rouge, un bout de poisson et tout près nous avons trouvé un petit jeune homme qui tenait une petite échoppe de garage. Avec la chaleur, on est resté 30 minutes la bouche ouverte le regarder réparer le pneu à l’Africaine. L’heure du retour nous a forcé à repartir sous le cagnard . On s’est fait brûlé au 50ème degré à rouler sous le soleil, c’est un peu n’importe quoi ces blancs becs ! Le taxi brousse nous attendait pour retourner sur Cotonou. Un nouveau chauffeur, stressé à mort, il a surchargé la voiture de charbon, on a du rouler sur 2 roues à force. Comme Christophe avait vécu une expérience assez difficile on lui avait dit qu’on irait nous devant pour le retour. Mais pas de chance pour lui car le chauffeur avait 3 autres passages qui nous ont rejoins et pas des tailles minis. 2 hommes XXL et une maman XXXL. Il s’est donc retrouvé une nouvelle fois coincé comme une sardine contre la porte. Le retour s’est fait en slalom, on va pas changer les bonnes habitudes et cette fois le chauffeur avait une prédilection pour la droite et ici quand on roule à droite c’est à droite. Vu de derrière c’était flippant et de devant c’est comment dire ca nous prouve que notre cœur peut battre assez vite…
Mais bon c’était chouette assise avec ma Clayre que j’adore a se raconter des bêtises et grignoter des arachides. Retour à Cotonou dans la nuit, la circulation et la bonne cuisine de Maman.
Voilà un week end comme je les aime : de jolies rencontres, un paysage fantastique et des amis près de vous ! Quoi demander de plus à la vie ! Ah oui, que ca continue !! Merci de m’avoir lu jusqu’à la fin et pardon pour les photes d’ortogriaphes mais là c’est 1 heure et je vais me coucher.
Demain lundi j’attaque enfin mon vrai travail de metteure en scène ! youpi ! Merci le ciel !
Rebecca :
Week end à Abomey : Maman Clayre, Papi Serpi et moi sommes partis pour un week end en « campagne « ! A Abomey à 145 km de Cotonou, ville du royaume du Dahomay ou vécurent pleins de rois. Bon ! pour les érudits d’histoires ; 14 rois (donc 14 palais) qui régnèrent de 1620 à 1900, date de l’occupation française. Je vous préviens mon récit va être long…. Prévoyez sandwichs et boissons….
Donc samedi matin sous un ciel menaçant, nous enfourchons des zems. Juste le temps d’arriver au lieu des taxis brousse avant que le déluge ne s’abatte sur nous (ici ce qui est bien c’est que quand il fait chaud il fait chaud et quand il pleut il pleut). Au moment où maman Clayre me lance « reste calme et ne donne pas ton sac », une nuée de gars se jettent sur nous afin de nous emmener vers d obscurs endroits. Je suis donc restée très calme et j’ai NON !... NON je te dis ! quand le monsieur a voulu prendre mon sac. Vu les litres d’eaux qui descendaient du ciel, on s’est vite abrité sous une toit de tôle qui.. goûtait… bien sûr !… Et les transactions ont pu commencé.
Extrait :
Clayre : on cherche taxi pour Abomey
Un homme : y a pas
Clayre : y a pas ?
Un homme : non !
Clayre : ah !
Un autre homme : faut aller à Dassau
Clayre : c’est sur le chemin de Cotonou ?
Un autre homme : oui
Clayre : c’est combien de temps !
Un autre homme : pas beaucoup !
Un autre autre homme : Tu veux allé à Abomey ?
Clayre : oui ! tu vas directement ?
Un autre autre homme : oui
Clayre : Cotonou – Abomey direct ?
Un autre autre homme : oui oui
Clayre : c est combien par personnes
Un homme : 15 000 cfa
Un autre autre homme : 14 000 cfa
Un autre homme : ?????
Clayre : 15 000 ! c est trop cher
Un autre autre homme : non pas trop cher.
Clayre : attends nous prend pas pour des yovos !
Un autre homme : ??????
Clayre : non le prix normal c est 2500 cfa par personne (ref guide du routard)
Je rappelle qui pleut à tomber les dents
Un nouvel autre homme : je te fais 13 000 cfa et pas d’autres personnes, climatisé, musique
Clayre : se tourne vers Christophe et dit à son oreille Bon fais le mec qui est pas d’accord ! Le chauffeur demande 13 000 cf pour les 3 t’est d’accord
Christophe : qui prend un air de responsable de groupe en goguette ah non ! c’est trop cher ! 10'000 cfa …..
Un nouvel autre homme : pas trop cher, il pleut !
Tout cela a duré un peu moins de 40 minutes, on a finit pas tomber sur 12000 cfa pour les 3 avec climatisation et musique. Le chauffeur file chercher son char. C’est sans compter que l’autre l’autre l’autre l’autre homme qui avait servi d’intermédiaire était restait toute la discussion sous la pluie, ca pleuvait comme vache qui pisse et lui restait de marbre avec ses sandalettes comme goutières. Donc il a commencé par enlever son t-shirt surmouillé et le tend à Christophe en criant « moi mouillait pour toi donne cadeau ». Il nous a harcelé jusqu’à la voiture et même il a essayé de piquer les lunettes de Christophe. On s’engouffre donc dans la voiture et là surprise il y a déjà 2 autres passagers. Ah parce ce qu’il faut savoir c’est dans les taxis brousse c’est 7 passagers (deux sur le siège passagers, 4 personnes derrière et c’est pas des 4/4 non plutôt vieille peugeot 305). Le temps que l’on fasse remarquer au chauffeur que c’est pas ce qui avait été dit et qu’on ne veut pas payer le même tarif, qu’on était déjà à 15 minutes de Cotonou. Clayre était dans une colère noire, elle ne supporte pas quand elle se sent la yovo qu on couillonne. Le chauffeur faisait la sourde oreille, dehors il délugeait, on était trop loin du centre ville, tous le monde avait les nerfs, et c’est là que Christophe qui est pour moi le zen réincarné s’est mis à hurler au chauffer, on est tous restait sans voix, la bouche ouverte. Bref, le chauffeur s’arrête, nous on pensait que c’était pour discuter et ben non c’était pour prendre… une autre personne : le propriétaire du véhicule. Un gentil monsieur avec une serviette de bain sur la tête. On rediscute un moment avec lui sur les circonstances de notre énervement et pour finir nous trouvons un arrangement. 10000cfa pas plus pas moins. Donc, tout le monde est content et le véhicule redémarre. Sur le chemin, nous avons traversé des villages, des marchés ou grouillait de gens, de marchands, à chaque arrêt une nuée de petites vendeuses essayaient désespéramment de nous vendre des citrons, des arachides et autres petits encas. En repartant, le chauffeur en a écrasé une ou deux sur son passage. Mais non je rigole !. Ca roulait bien vite et comme le chemin était couvert de nid de poule, on a slalomé avec une tendance à être sur la gauche. Ici quand on est à gauche on est à gauche. C’est assez flippant surtout sous la PLUIE, coincés comme des sardines. Christophe était assis sur le siège de devant avec le proprio. Il avait le cul sur le frein à main et devait se tenir à la poignée du plafond. Avec le bonheur d’avoir le proprio coincé contre lui (toujours son linge de bain sur la tête) celui-ci d’ailleurs a fini tel un enfant mignon par s’endormir contre la poitrine de Christophe. On était plié en deux avec Clayre. Quand la pluie c’est arrêté, je me suis dit chouette je vais faire des photos et c’est là que mon appareil m’a gentiment dit « changer batterie » super pas de photos.
Arrivé à Abomey, le chauffeur bien sur nous a largé devant l’entrée de la ville prétextant je sais plus quoi, on a lâché et avons pris des zems pour aller à l’auberge « Chez Monique » (ref le routard) Une jolie auberge dans un jardin tropicale, avec un parc à crocodile (argh) , un singe en cage (bof) des chiens tout maigrelets (ouains) et des lézards (normal). Après avoir laissé nos affaires, nous sommes repartis visiter les alentours. On s’est rendu au palais du roi Guézo mais celui-ci était fermé (pas Guézo il est mort, non le palais était fermé) donc on a acheté les souvenirs afin de gagner du temps pour le lendemain (pas folle les guêpes). On a marché dans la ville (que je trouve plutôt village, mais quand j’ai dit…ah oui j’ai oublié de vous dire ca : on est passé devant une prison et donc je dis au zem « Oh vous avez une prison ! je croyais que c’était seulement dans les grandes villes », celui me répond offusqué « mais c’est une grande ville ! ») bon là je m’égare…. Donc on a marché dans la ville..age, qui est juste magnifique. La terre est très rouge, ce qui fait que les murs des maisonnettes le sont également. Tout autour c’est vert, beaucoup de végétations et pourtant les chemins sont secs de chez sec (ici quand c’est sec c’est sec). Des gamins qui courent partout, des femmes couchés (c’est dingue, dès qu’ils sont 5 minutes ils posent des cosses, les vendeurs, la guide du musée, le réceptionniste de l’auberge, dans la rue…bon faut dire qu’il fait chaud) Des petites échoppes de couture « haute taillerie l’espérance », de coiffure « la Santé Coiffure », des échappes « un peu de tout ». Je vous dis y a des photos qui se perdent ! (Christophe avait aussi pris son appareil mais celui-ci aussi avait la batterie à plat… Et en plus son chargeur est resté en France.) Bref ! c’était magnifique. Pour finir on s’est arrêté dans une boutique de djembés. Ni une ni deux le monsieur de la boutique nous a sorti tout son stock dans la rue. Ce qui a déjà crée un petit remue ménage qui a a fini par un embouteillage quand Christophe s’est mis à jouer, le monsieur à le suivre, Clayre a frapper des mains et moi à chanter. Les mamans des autres boutiques se sont jointes à nos mains et c’était la fête avec les yovos. Au bout d’une quarantaine de minutes, on a senti que si on acheté par quelque chose c’était soit on devait courir très vite, soit on passait pour des yovos vraiment pas sympas, résultat Christophe est reparti avec 2 instruments. Arrivé chez Monique, on a soupé sous les étoiles au son des grillons et d’un truc qu on a pas reconnu. Ensuite on est allé se coucher et Christophe armé de sa prise de son s’est noyé dans la nuit….
Le lendemain matin, Christophe s’est levé à 7 heures pour retourner dans le coin faire de la pêche au son. Il est revenu 1 heure plus tard pour finir la grasse mat avec nous (enfin, dans son lit). Vers les 11 heures, on a loué des vélos et on est partis en balade dans la campagne, à travers les petites habitations. On a croisé tous pleins de gens sympas qui nous appeler yovos (ben oui on est blanc on va pas en faire tout un plat) et on leur répondait « afongandgia » (phonétique, je sais plus comment on écrit et là c’est presque minuit donc je vais pas réveiller Guy pour qu’il me donne la bonne orthographe) dès que tu parles dans leur langues les gens sont super content et nous répondent un long discours et nous on se contente de hocher la tête en souriant. On a fini par visiter les palais d’Abomey, bon palais c’est pas comme chez nous, c’est plutot genre « construction en largeur » des cases améliorées, par contre ce qui est très beau ce sont les grandes cours qui entourent chaque petits palais, les murs sont recouverts de sculptures incrustés avec des scènes de guerre, de morts, d’armes, afin c’était des guerriers ces rois normal quoi ! Et on est entré dans le tombeau du roi Guezo qui donc s’est fait enterré avec ses 41 femmes (je précise qu’elles étaient vivantes au moment de sa mort, mais elles ont décidé d’un commun accord de le suivre dans la tombe, ca c’est de l’amour !!) et petits détails si j’ose l’expression les murs qui protège le tombeau sont un mélange de terre, de sang humains, de bijoux, et autres matières premières assez inquiétantes. On a cherché les bijoux mais on a rien trouvé. Comme je vous disais plus haut, on était accompagné d’une guide, Pierrette, très sympa mais très fatiguée. Elle profitait des moments ou l’on regardait ailleurs pour poser sa cosse. Après cette visite culturelle, on a vidé une boisson sucrée et on a repris nos vélos. On s’est un peu perdu, on s’est retrouvé et finalement Christophe a crevé…. On s’est arrêté pour avaler de la pâte rouge, un bout de poisson et tout près nous avons trouvé un petit jeune homme qui tenait une petite échoppe de garage. Avec la chaleur, on est resté 30 minutes la bouche ouverte le regarder réparer le pneu à l’Africaine. L’heure du retour nous a forcé à repartir sous le cagnard . On s’est fait brûlé au 50ème degré à rouler sous le soleil, c’est un peu n’importe quoi ces blancs becs ! Le taxi brousse nous attendait pour retourner sur Cotonou. Un nouveau chauffeur, stressé à mort, il a surchargé la voiture de charbon, on a du rouler sur 2 roues à force. Comme Christophe avait vécu une expérience assez difficile on lui avait dit qu’on irait nous devant pour le retour. Mais pas de chance pour lui car le chauffeur avait 3 autres passages qui nous ont rejoins et pas des tailles minis. 2 hommes XXL et une maman XXXL. Il s’est donc retrouvé une nouvelle fois coincé comme une sardine contre la porte. Le retour s’est fait en slalom, on va pas changer les bonnes habitudes et cette fois le chauffeur avait une prédilection pour la droite et ici quand on roule à droite c’est à droite. Vu de derrière c’était flippant et de devant c’est comment dire ca nous prouve que notre cœur peut battre assez vite…
Mais bon c’était chouette assise avec ma Clayre que j’adore a se raconter des bêtises et grignoter des arachides. Retour à Cotonou dans la nuit, la circulation et la bonne cuisine de Maman.
Voilà un week end comme je les aime : de jolies rencontres, un paysage fantastique et des amis près de vous ! Quoi demander de plus à la vie ! Ah oui, que ca continue !! Merci de m’avoir lu jusqu’à la fin et pardon pour les photes d’ortogriaphes mais là c’est 1 heure et je vais me coucher.
Demain lundi j’attaque enfin mon vrai travail de metteure en scène ! youpi ! Merci le ciel !
samedi 13 octobre 2007
le 10 octobre
10 octobre 07 - Depuis notre appart’
Marylène
Et bien que d’aventures en 2 jours. Décidemment, je ne peux que dire que « là où le cœur bat, la vie s’accélère ». Celles et ceux que disent que l’Afrique avance doucement n’ont rien compris. Je ne veux pas être dure, mais pour nous les choses avancent à grands pas. Mardi le déluge nous a scotché à la maison. Donc pas de stage ce matin là. Du coup on en a profité pour bosser à fond sur la scéno. Et on a trouvé ! Autant d’esprits que de méthodes pour créer. Reb fait des micro siestes et dès qu’elle se réveille, elle a une illumination. Clayre est hyper pragmatique et pose des questions pertinentes. Moi je trafique avec du carton, des ciseaux, ma boîte de peinture et mes paillettes en tube. Et Guy retrouve tout ce que j’égare dans les quatre coins de la maison. Une vraie dream team ! Notre maquette est formidable. Elle répond à une exigence d’autonomie, tout en étant très ludique. Plateau dépliable et surélevé vert à paillettes rouges et vertes. Fond de scène en étoiles à 8 branches (c’est la déco qui entoure notre ventilo du salon-salle de travail). Et puis 2 trappes. Parce qu’il faut bien s’amuser un peu. On a fait des mesures avec le mètre du nécessaire de couture de Reb. C’est Laure du Limousin, notre cantine chérie, qui nous a donné des cartons. Et bricolo bricolage on y est arrivéEs. Et à l’échelle, vous prie-je ! Ensuite j’ai dessiné un plan et Clayre a fait un photo-montage avec les photos de la maquette et Guiness et Marlo qui s’éclatent. Elle a mixé le tout et on a vraiment l’impression que tout ça existe. Juste génial. Je bénis tous les jours les nouvelles technologies. Ya que les imbéciles qui changent pas d’avis. On a transmis (vive internet !) tout ça à Joakim, mon inventeur génial, et on va voir quel miracle il va nous créer ! Je me réjouis de faire évoluer Marlo sur ce plateau total afri-rock.
Une fois libéréEs de la scéno, on a cleané toute la maison pour préparer l’arrivée de Christophe, notre musicien. C’était le branle-bas de combat dans l’appart’. Réaménagement de l’espace et des chambres. J’ai déménagé chez Guy. On apprend la cohabitation et la totale zen attitude. J’essaie de pas bouffer tout l’espace de la chambre entre mes fringues, mes mille produits et autres huiles essentielles. Pour l’instant ça va. Le seul sujet de discussion c’est le ventilo. Parce que lui il a toujours chaud et moi je supporte vraiment pas tout ce vent dans la face. Stay cool madame !
A 2h30 du mat’, mercredi matin, Guy-Ernest et moi on a été accueillir notre Papi Serpi (Chrisophe rebaptisé) tout fringuant avec sa viole au bout des doigts.
Depuis hier, on prépare avec les stagiaires la présentation publique de demain qui aura lieu au Centre Culturel Français à 18h30. Ils et elles sont très motivéEs et ça encourage. Plus j’enseigne, plus je me rends compte comme j’aime ça. C’est très émouvant de voir des clowns naître et grandir.
Ce matin on a fait un « barratage » avec Christophe et les stagiaires. C’est un jeu esquimaux qui consiste à se mettre en cercle dans avec un rythme régulier dans les pieds. D’abord on puise l’énergie de la terre qu’on fait monter par petits cercles jusqu’au ciel. Ensuite on met des sons, de la voix, du chant et on laisse naître un chœur. Par moment quelqu’unE vient au milieu et est porté par le groupe. C’était très fort à vivre. Je crois qu’on a tous perdu 3 litres d’eau. Mais on a gagné des kilos d’émotions. Et un fort sentiment d’appartenance à une communauté. Depuis le début du stage nous faisons les échauffements sous la paillote parce qu’il y a une scène plus grande que dans le petit auditorium que nous avons à disposition. Et comme le bar est attenant à cette scène, il y a toujours des gens qui passent, s’arrêtent, se surprennent à être surpris par cette drôle de bande à nez rouge. Evidemment qu’il y a de quoi. Nos pratiques sont assez incongrues et insolites, surtout qu’il n’y pas de tradition de clown en Afrique. Effectivement la figure du clown est issue de la tradition occidentale de la solitude. Je ne vais pas faire l’histoire des clowns juste là, surtout que je suis pas une spécialiste. Ya des gens beaucoup plus éruditEs que moi en la matière. Moi je suis sur le terrain, je pratique. Je devrais quand même lire un peu plus, je sais. J’y penserai pour mes longues soirées de solitude hivernale. Même si je suis pas sûre qu’il va en avoir beaucoup des comme ça. Parce que partiEs comme nous sommes, on va faire le tour du monde avec ce spectacle. En tout cas c’est l’envie qu’on a Clayre, Guy et moi. Musique d’avenir. J’y crois et j’espère.
Petite pause pour faire rire les amiEs suisses :
Je suis en train d’écouter Stéphane Eicher, double CD public, que Guy m’a prêté et que j’ai chargé sur l’Ipod . Et oui, dire que Delph et Valérie se moquent de moi depuis des années parce que j’adore Stephi, faut que je vienne à 6000 km de la maison pour être comprise. Va comprendre !
La chance que nous avons dans ce projet c’est d’avoir du temps pour rêver. C’est inestimable. Le fait d’être en résidence et de pouvoir se consacrer uniquement à la planète clown et au spectacle ça permet d’oser et de ne pas se fixer de limites. Beau. C’est Joakim qui m’a appris ça. Dès qu’on sent une limite, il faut d’abord la reconnaître pour ensuite la dépasser. Du coup je pratique activement la reconnaissance et le dépassement. Grandir.
Marylène
Et bien que d’aventures en 2 jours. Décidemment, je ne peux que dire que « là où le cœur bat, la vie s’accélère ». Celles et ceux que disent que l’Afrique avance doucement n’ont rien compris. Je ne veux pas être dure, mais pour nous les choses avancent à grands pas. Mardi le déluge nous a scotché à la maison. Donc pas de stage ce matin là. Du coup on en a profité pour bosser à fond sur la scéno. Et on a trouvé ! Autant d’esprits que de méthodes pour créer. Reb fait des micro siestes et dès qu’elle se réveille, elle a une illumination. Clayre est hyper pragmatique et pose des questions pertinentes. Moi je trafique avec du carton, des ciseaux, ma boîte de peinture et mes paillettes en tube. Et Guy retrouve tout ce que j’égare dans les quatre coins de la maison. Une vraie dream team ! Notre maquette est formidable. Elle répond à une exigence d’autonomie, tout en étant très ludique. Plateau dépliable et surélevé vert à paillettes rouges et vertes. Fond de scène en étoiles à 8 branches (c’est la déco qui entoure notre ventilo du salon-salle de travail). Et puis 2 trappes. Parce qu’il faut bien s’amuser un peu. On a fait des mesures avec le mètre du nécessaire de couture de Reb. C’est Laure du Limousin, notre cantine chérie, qui nous a donné des cartons. Et bricolo bricolage on y est arrivéEs. Et à l’échelle, vous prie-je ! Ensuite j’ai dessiné un plan et Clayre a fait un photo-montage avec les photos de la maquette et Guiness et Marlo qui s’éclatent. Elle a mixé le tout et on a vraiment l’impression que tout ça existe. Juste génial. Je bénis tous les jours les nouvelles technologies. Ya que les imbéciles qui changent pas d’avis. On a transmis (vive internet !) tout ça à Joakim, mon inventeur génial, et on va voir quel miracle il va nous créer ! Je me réjouis de faire évoluer Marlo sur ce plateau total afri-rock.
Une fois libéréEs de la scéno, on a cleané toute la maison pour préparer l’arrivée de Christophe, notre musicien. C’était le branle-bas de combat dans l’appart’. Réaménagement de l’espace et des chambres. J’ai déménagé chez Guy. On apprend la cohabitation et la totale zen attitude. J’essaie de pas bouffer tout l’espace de la chambre entre mes fringues, mes mille produits et autres huiles essentielles. Pour l’instant ça va. Le seul sujet de discussion c’est le ventilo. Parce que lui il a toujours chaud et moi je supporte vraiment pas tout ce vent dans la face. Stay cool madame !
A 2h30 du mat’, mercredi matin, Guy-Ernest et moi on a été accueillir notre Papi Serpi (Chrisophe rebaptisé) tout fringuant avec sa viole au bout des doigts.
Depuis hier, on prépare avec les stagiaires la présentation publique de demain qui aura lieu au Centre Culturel Français à 18h30. Ils et elles sont très motivéEs et ça encourage. Plus j’enseigne, plus je me rends compte comme j’aime ça. C’est très émouvant de voir des clowns naître et grandir.
Ce matin on a fait un « barratage » avec Christophe et les stagiaires. C’est un jeu esquimaux qui consiste à se mettre en cercle dans avec un rythme régulier dans les pieds. D’abord on puise l’énergie de la terre qu’on fait monter par petits cercles jusqu’au ciel. Ensuite on met des sons, de la voix, du chant et on laisse naître un chœur. Par moment quelqu’unE vient au milieu et est porté par le groupe. C’était très fort à vivre. Je crois qu’on a tous perdu 3 litres d’eau. Mais on a gagné des kilos d’émotions. Et un fort sentiment d’appartenance à une communauté. Depuis le début du stage nous faisons les échauffements sous la paillote parce qu’il y a une scène plus grande que dans le petit auditorium que nous avons à disposition. Et comme le bar est attenant à cette scène, il y a toujours des gens qui passent, s’arrêtent, se surprennent à être surpris par cette drôle de bande à nez rouge. Evidemment qu’il y a de quoi. Nos pratiques sont assez incongrues et insolites, surtout qu’il n’y pas de tradition de clown en Afrique. Effectivement la figure du clown est issue de la tradition occidentale de la solitude. Je ne vais pas faire l’histoire des clowns juste là, surtout que je suis pas une spécialiste. Ya des gens beaucoup plus éruditEs que moi en la matière. Moi je suis sur le terrain, je pratique. Je devrais quand même lire un peu plus, je sais. J’y penserai pour mes longues soirées de solitude hivernale. Même si je suis pas sûre qu’il va en avoir beaucoup des comme ça. Parce que partiEs comme nous sommes, on va faire le tour du monde avec ce spectacle. En tout cas c’est l’envie qu’on a Clayre, Guy et moi. Musique d’avenir. J’y crois et j’espère.
Petite pause pour faire rire les amiEs suisses :
Je suis en train d’écouter Stéphane Eicher, double CD public, que Guy m’a prêté et que j’ai chargé sur l’Ipod . Et oui, dire que Delph et Valérie se moquent de moi depuis des années parce que j’adore Stephi, faut que je vienne à 6000 km de la maison pour être comprise. Va comprendre !
La chance que nous avons dans ce projet c’est d’avoir du temps pour rêver. C’est inestimable. Le fait d’être en résidence et de pouvoir se consacrer uniquement à la planète clown et au spectacle ça permet d’oser et de ne pas se fixer de limites. Beau. C’est Joakim qui m’a appris ça. Dès qu’on sent une limite, il faut d’abord la reconnaître pour ensuite la dépasser. Du coup je pratique activement la reconnaissance et le dépassement. Grandir.
mercredi 10 octobre 2007
8 octobre 07
Depuis notre appart’
Marylène :
Que la vie est belle et l’univers généreux ! Week-end riche et reposant. Samedi : virée au marché qui est le deuxième plus grand d’Afrique de l’Ouest. Rien que ça, messieurs dames. On a déambulé en se laissant aller là où le vent nous porte. Et le vent a été bien inspiré. On a dégoté du matos pour la scéno. Des sacs de riz avec des supers couleurs avec des textes trop top du genre : « L’amour, la meilleure voie qui va au cœur passe par le ventre. » ça promet !
Le soir on était parties pour se la faire tranquille ! En tout cas moi, je suis rentrée la première du restaurant du stade de l’Amitié…où on avait mangé du dakouin (un énorme poisson sur un lit de polenta genre). J’ai filé fissa fissa parce que j’avais dans l’idée de dormir vite vite. Mais en rentrant : plus de clopes ! Donc fallait que je me rende de toute urgence dans notre bar café restaurant quartier général. Et là Laure, la charmante et sympathique jeune femme qui s’occupe du lieu avec sa maman et ses autres frères et sœurs m’a offert une Guiness pour la route. Et du coup, toute la joyeuse bande a rappliqué et on a bu des bières un bout de la nuit et discutaillé et bien rigolé aussi !
Du coup hier s’était repos repos manger dormir dormir manger… ce qui nous a beaucoup inspiré puisque le soir on a commencé à construire la maquette de notre scéno. Et bien, chères amiEs, ça fait rêver. Surtout que ni une ni deux j’ai filé à la cabine téléphonique du coin de la rue pour appeler Joakim le Grand inventeur et lui proposer un nouveau challenge. Et comme c’est une sorte d’ange et bien il a accepté de bosser une fois encore pour les clowns. Génial !
Du coup on s’est attelé au plan et à la maquette…. Et ya du boulot ! Donc j’y vais de ce pas et je vous bec bien fort.
m.
Marlo :
Bon ben moi je dois dire que je me repose pas mal ici….. la grande M. est toujours à tourner à gauche à droite donc du coup moi je sors mon nez un peu. J’ai croisé un drôle de type sur la terrasse, tout noir qui fait des trucs bizarres. Genre y lit ! Moi c’est pas trop mon truc les books, mais bon je vais pas faire du racisme anti-intellectuel. Pour l’instant on s’observe plus qu’on se cause vraiment. Affaire à suivre. Je pars en vadrouille dans mes rêves. Ciao tout le monde et que le rock vive !
Love and kisses
Depuis notre appart’
Marylène :
Que la vie est belle et l’univers généreux ! Week-end riche et reposant. Samedi : virée au marché qui est le deuxième plus grand d’Afrique de l’Ouest. Rien que ça, messieurs dames. On a déambulé en se laissant aller là où le vent nous porte. Et le vent a été bien inspiré. On a dégoté du matos pour la scéno. Des sacs de riz avec des supers couleurs avec des textes trop top du genre : « L’amour, la meilleure voie qui va au cœur passe par le ventre. » ça promet !
Le soir on était parties pour se la faire tranquille ! En tout cas moi, je suis rentrée la première du restaurant du stade de l’Amitié…où on avait mangé du dakouin (un énorme poisson sur un lit de polenta genre). J’ai filé fissa fissa parce que j’avais dans l’idée de dormir vite vite. Mais en rentrant : plus de clopes ! Donc fallait que je me rende de toute urgence dans notre bar café restaurant quartier général. Et là Laure, la charmante et sympathique jeune femme qui s’occupe du lieu avec sa maman et ses autres frères et sœurs m’a offert une Guiness pour la route. Et du coup, toute la joyeuse bande a rappliqué et on a bu des bières un bout de la nuit et discutaillé et bien rigolé aussi !
Du coup hier s’était repos repos manger dormir dormir manger… ce qui nous a beaucoup inspiré puisque le soir on a commencé à construire la maquette de notre scéno. Et bien, chères amiEs, ça fait rêver. Surtout que ni une ni deux j’ai filé à la cabine téléphonique du coin de la rue pour appeler Joakim le Grand inventeur et lui proposer un nouveau challenge. Et comme c’est une sorte d’ange et bien il a accepté de bosser une fois encore pour les clowns. Génial !
Du coup on s’est attelé au plan et à la maquette…. Et ya du boulot ! Donc j’y vais de ce pas et je vous bec bien fort.
m.
Marlo :
Bon ben moi je dois dire que je me repose pas mal ici….. la grande M. est toujours à tourner à gauche à droite donc du coup moi je sors mon nez un peu. J’ai croisé un drôle de type sur la terrasse, tout noir qui fait des trucs bizarres. Genre y lit ! Moi c’est pas trop mon truc les books, mais bon je vais pas faire du racisme anti-intellectuel. Pour l’instant on s’observe plus qu’on se cause vraiment. Affaire à suivre. Je pars en vadrouille dans mes rêves. Ciao tout le monde et que le rock vive !
Love and kisses


5 octobre 07
Dans notre appart’, sous la pluie torrentielle, le déluge intégral
Marylène :
Voilà première semaine de stage écoulée. Petit bilan provisoire. Nous avons abordé toutes les bases : démarches, attitudes, jeu de partenaires et émotions. Hier nous avons eu de beaux moments avec l’ascenseur émotionnel. L’exploration des quatre émotions (petit rappel au cas où : colère, peur, joie, tristesse) s’est d’abord faite de manière technique et nous avons ensuite laissé naître la vie de chacunE des clowns. Pour assurer ce travail particulier et délicat essentiel à la pratique clownesque, nous avons fait le matin un échauffement digne de sportifs d’élite ! Ouf ouf ouf ! ya des fois où je me surprends moi-même. On était toutes et tous raides mortEs après cette heure de mise-en-train endurante et exigeante. N’empêche que les corps étaient tellement ouverts que les émotions étaient à fleurs de peau. La bonne surprise a été de voir les stagiaires comme nous ne les avions encore pas découverts. Tonton, notre ancien, spécialiste du rire canard, a même osé aller dans des territoires inconnus. Je suis remplie de gratitude par rapport à cette ouverture. Au début de la semaine j’ai demandé à chacunE d’amener des costumes et gentiment ça vient. Palme d’or à Serge qui a fabriqué une tunique traditionnelle en sac plastique vert et blanc à rayures, avec un magnifique chapeau, une sorte de grosse tasse en plastique vert. Totale clown attitude !
Samedi prochain, nous avons prévu de faire une restitution publique de l’atelier. Donc toute la semaine à venir sera consacrée à la création de petites séquences et numéros.
Rebecca :
« La moite attitude » ! Moi qui suit plutôt du genre sèche et directive, avec cette première semaine j’ai du être comme les pores de ma peau : ouverte, souple, pour laisser RESPIRER…. Bon c’est un peu un joke dans cette ville c’est hyper pollué ! Le cheminement vers l’imaginaire demande du temps, moi j’aime quand c’est maintenant toute de suite là now jetzt, ben non faut laisser le temps au temps pour avoir du temps car le temps c’ est du temps qui s’accorde du temps pour mieux avoir le temps. Marylène est plus en connection avec le ciel c’est une chose qu’elle sait particulièrement bien gérer et me communiquer. Et le bon moment, je technique comme moi j’aime. On avait déjà bien machiner mais là après quelques années de chacune sa route, on se retrouve avec des outils différents que l’on mets dans notre nouvelle boîte commune. Elle parle aux anges et moi j’ai mon pendule (pensaté). On fait la paire quoi !
Le matin nous travaillons avec les stagiaires et l’après-midi – soir nous le consacrons à « TEKITOI ? ». Pour la créa, nous avons pris possession de la terrasse sur le toit de notre immeuble. L’espace est magnifique et inspirant. Il y a une partie de cette terrasse-cour que j’aime particulièrement avec une porte et une entrée en tôle, ce qui donne à penser à 2 mondes différents. C’est assez génial de faire des impros au vu du ciel et au son de la ville. Ces deux premières semaines sont mises au service pour la rencontre Marlo – Guiness et surtout permettre à Guy de rencontrer son clown. Lui aussi doit se permettre le lâcher prise et la conscience de son corps et de ses émotions. Difficulté universelle que celle de lâcher la tête. Comme on vit tous ensemble 24 sur 24, on s’apprivoise, on s’observe mais surtout on délire.
La vie à Cotonou : On partage un chouette appartement, pas très imperméable…. Ce qui fait que certaines personnes doivent demander asile à d’autres certaines nuits…. Les premiers jours ont s’est fait avoir par les coupures d’eau et d’électricité, mais après avoir testé sous la douche, toute savonnée, plus d’eau, noir complet ben on apprend à s’équiper. Je partage une chambre avec Clayre, notre administratrice, on se marre bien toutes les deux. Elle ronfle un peu (tu vois Robin tu n’est pas le seul) mais ce n’est rien à côté du coq ! qui se met à hurler vers les 4 heures du mat’ comme un malade. On a pensé à s’armer d’une carabine et se mettre en planque pour lui faire la peau à ce putain de coq. Son cri c’est genre femme hystérique qui fait crisser une craie sur un tableau noir. Et en plus, il rameute tous ses congénaires. Vos gueules !
Le grand bonheur c’est qu’il n’est pas le seul à être bruyant, eh non ! les gens ici ben je pense qu’ils ne dorment jamais ou alors ils font à tour de rôle le pied de grue sous nos fenêtres pour discuter (le chuchotement n’existe pas au Bénin). Les femmes sont très belles et…. fraîches, nous on est juste l’air de rien, dégoulinantes de sueur à leur côté. Même à l’arrière d’un zem avec milles paquets, elles sont super classes. La nourriture est juste divine, les légumes bon ya pas, mais le reste c’est juste parfait. Le poisson, le riz concassé, les sauces, l’atiétké (manioque rapé cuit à la vapeur, l’akassa (pâte de maïs) mon plat préféré, moyo (sauce à base d’oignons et tomates qui accompagne le riz concassé) plat préféré de Marylène, les jus de fruits et surtout les bananes frites « aloko »…On a déjà nos petites habitudes, le midi on va au champ de foire, c’est le restaurant de l’université. En plein air, des étales sous tôles, les femmes qui pillent et la maman qui nous sert un bon repas. Jusque là tout va bien, personne n’a encore été malade ! Merci la vie.
Retour Marylène :
Bon ben tout a été dit et bien dit
Bon bec les toutes et tous
m.
Dans notre appart’, sous la pluie torrentielle, le déluge intégral
Marylène :
Voilà première semaine de stage écoulée. Petit bilan provisoire. Nous avons abordé toutes les bases : démarches, attitudes, jeu de partenaires et émotions. Hier nous avons eu de beaux moments avec l’ascenseur émotionnel. L’exploration des quatre émotions (petit rappel au cas où : colère, peur, joie, tristesse) s’est d’abord faite de manière technique et nous avons ensuite laissé naître la vie de chacunE des clowns. Pour assurer ce travail particulier et délicat essentiel à la pratique clownesque, nous avons fait le matin un échauffement digne de sportifs d’élite ! Ouf ouf ouf ! ya des fois où je me surprends moi-même. On était toutes et tous raides mortEs après cette heure de mise-en-train endurante et exigeante. N’empêche que les corps étaient tellement ouverts que les émotions étaient à fleurs de peau. La bonne surprise a été de voir les stagiaires comme nous ne les avions encore pas découverts. Tonton, notre ancien, spécialiste du rire canard, a même osé aller dans des territoires inconnus. Je suis remplie de gratitude par rapport à cette ouverture. Au début de la semaine j’ai demandé à chacunE d’amener des costumes et gentiment ça vient. Palme d’or à Serge qui a fabriqué une tunique traditionnelle en sac plastique vert et blanc à rayures, avec un magnifique chapeau, une sorte de grosse tasse en plastique vert. Totale clown attitude !
Samedi prochain, nous avons prévu de faire une restitution publique de l’atelier. Donc toute la semaine à venir sera consacrée à la création de petites séquences et numéros.
Rebecca :
« La moite attitude » ! Moi qui suit plutôt du genre sèche et directive, avec cette première semaine j’ai du être comme les pores de ma peau : ouverte, souple, pour laisser RESPIRER…. Bon c’est un peu un joke dans cette ville c’est hyper pollué ! Le cheminement vers l’imaginaire demande du temps, moi j’aime quand c’est maintenant toute de suite là now jetzt, ben non faut laisser le temps au temps pour avoir du temps car le temps c’ est du temps qui s’accorde du temps pour mieux avoir le temps. Marylène est plus en connection avec le ciel c’est une chose qu’elle sait particulièrement bien gérer et me communiquer. Et le bon moment, je technique comme moi j’aime. On avait déjà bien machiner mais là après quelques années de chacune sa route, on se retrouve avec des outils différents que l’on mets dans notre nouvelle boîte commune. Elle parle aux anges et moi j’ai mon pendule (pensaté). On fait la paire quoi !
Le matin nous travaillons avec les stagiaires et l’après-midi – soir nous le consacrons à « TEKITOI ? ». Pour la créa, nous avons pris possession de la terrasse sur le toit de notre immeuble. L’espace est magnifique et inspirant. Il y a une partie de cette terrasse-cour que j’aime particulièrement avec une porte et une entrée en tôle, ce qui donne à penser à 2 mondes différents. C’est assez génial de faire des impros au vu du ciel et au son de la ville. Ces deux premières semaines sont mises au service pour la rencontre Marlo – Guiness et surtout permettre à Guy de rencontrer son clown. Lui aussi doit se permettre le lâcher prise et la conscience de son corps et de ses émotions. Difficulté universelle que celle de lâcher la tête. Comme on vit tous ensemble 24 sur 24, on s’apprivoise, on s’observe mais surtout on délire.
La vie à Cotonou : On partage un chouette appartement, pas très imperméable…. Ce qui fait que certaines personnes doivent demander asile à d’autres certaines nuits…. Les premiers jours ont s’est fait avoir par les coupures d’eau et d’électricité, mais après avoir testé sous la douche, toute savonnée, plus d’eau, noir complet ben on apprend à s’équiper. Je partage une chambre avec Clayre, notre administratrice, on se marre bien toutes les deux. Elle ronfle un peu (tu vois Robin tu n’est pas le seul) mais ce n’est rien à côté du coq ! qui se met à hurler vers les 4 heures du mat’ comme un malade. On a pensé à s’armer d’une carabine et se mettre en planque pour lui faire la peau à ce putain de coq. Son cri c’est genre femme hystérique qui fait crisser une craie sur un tableau noir. Et en plus, il rameute tous ses congénaires. Vos gueules !
Le grand bonheur c’est qu’il n’est pas le seul à être bruyant, eh non ! les gens ici ben je pense qu’ils ne dorment jamais ou alors ils font à tour de rôle le pied de grue sous nos fenêtres pour discuter (le chuchotement n’existe pas au Bénin). Les femmes sont très belles et…. fraîches, nous on est juste l’air de rien, dégoulinantes de sueur à leur côté. Même à l’arrière d’un zem avec milles paquets, elles sont super classes. La nourriture est juste divine, les légumes bon ya pas, mais le reste c’est juste parfait. Le poisson, le riz concassé, les sauces, l’atiétké (manioque rapé cuit à la vapeur, l’akassa (pâte de maïs) mon plat préféré, moyo (sauce à base d’oignons et tomates qui accompagne le riz concassé) plat préféré de Marylène, les jus de fruits et surtout les bananes frites « aloko »…On a déjà nos petites habitudes, le midi on va au champ de foire, c’est le restaurant de l’université. En plein air, des étales sous tôles, les femmes qui pillent et la maman qui nous sert un bon repas. Jusque là tout va bien, personne n’a encore été malade ! Merci la vie.
Retour Marylène :
Bon ben tout a été dit et bien dit
Bon bec les toutes et tous
m.
jeudi 4 octobre 2007
le 3 octobre
3 0ctobre 07
De retour à la maison (oui c’est déjà la maison, on est complètement là cette fois).
Marylène d’abord (Marlo trépigne, mais bon… faut aussi qu’elle apprenne la patience ya pas de raison que je m’y colle toute seule !)
Donc je vous avais promis un topo du stage :
Les stagiaires sont hallucinantEs, ils et elles avancent à un rythme effréné. Hier nous avons vécu des moments inoubliables. Des impros à se rouler par terre de rire. Mais vraiment. Et pourtant avec rien, enfin une chaises quoi ! Rencontre de deux clowns qui luttent pour s’asseoir. C’était superbe.
On a commencé le stage avec 10 stagiaires, 6 garçons et 4 filles, tous et toutes acteurs/actrices professionnels. Une fille a dû arrêter à cause de cumul de répétitions. On comprend. ChacunE ses choix. Les autres suivent. Personne n’a mis les pieds au mur. Tous et toutes ont exprimé le désir d’acquérir des outils nouveaux qui leur serviront dans leurs différentes pratiques. Je suis fascinée de voir l’ouverture de ce groupe. On sent une soif d’apprendre et de découvrir une autre planète. Parce qu’il faut quand même avouer que la planète clown c’est particulier. Les codes sont précis (jeu masqué) et en même temps on travaille seulement en impro pour l’instant. Donc il faut jongler entre des règles strictes, une énergie physique très haute et la nécessité de se sentir libre pour inventer dans l’instant. Et bien je suis heureuse de voir que l’humour et la poésie n’ont pas de frontière. En tout cas pas les mêmes que sur une carte de géo standard.
Pause super joyeuse :
Rebecca vient de téléphoner de la cabine du coin : ELLE A UN APPART A GENEVE ! Youpi ! le rêve 900.- 4.5 pièces, allez soyez généreuses, réjouissez-vous pour elle, elle le mérite !!! trop cool….crie t’elle à travers l’appart !!!!
GENIAL !
Donc retour au Bénin :
Les ZEM ! Le Zem est le moyen de transport le plus rapide à travers la ville. C’est en fait les taxis-motos d’ici. Et ça chie (pardon maman). On peut pas dire autrement. Y’en a partout. Tu lèves le petit doigts et hop un homme en jaune sur sont véhicule motorisé à deux roues te chope au passage. Et vroum hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii tut tut à travers Cotonou. J’adore. Le matin je mets mon Ipod à coin, toujours la même chanson « Hide and seek » d’Imogen Hemp (merci Valério), et je laisse les images danser autour de moi.
Côté cuisine. C’est super bon. A midi on va dans une sorte de cantine sous tôle ondulée o ?u une mama magnifique prépare des plats délicieux et copieux. Je dois demander à Guy les noms et les recettes. Ya une sorte de fromage frit qui ressemble à de la mozzarella. Du riz concassé avec du poisson, des alokos (bananes plantains frites)….miam miam. Et tout passe super bien, aucun souci stomaco-intestinal !
Niveau climat c’est très étrange. On est à la fin de la saison des pluies. Hier déluge ! Impressionnant ! Tu mets pas le nez dehors parce que t’es trempée en moins de deux. Après la pluie tout est humide. Tu te douches, tu te sèches, t’es de nouveau toute moite…un peu eurk splatch ! Mais c’est rien à côté de quand il fait super chaud comme aujourd’hui. Là idem, tu sors 30 minutes dehors et tu coule immédiatement. En bref, on est toujours humides ! Et les fringues sèchent pas. Bon c’est des détails, Reb voulait que j’en parle parce que ça la fait rire et elle se dit que ça peut vous faire rire aussi. Moi je suis dubitative mais j’aime bien quand elle est contente.
Encore un point sur la vie pratique africaine : les moustiques ! Et bien grâce à Clayre, qui a définitivement acquis le statut d’ange pour nous, nous avons même pas eu le loisir d’en croiser un. Rien nada que nenni ! Et ça parce qu’elle nous a trouvé un traitement anti-palu intelligent. Et aux huiles essentielles, oui Madame, et celles et ceux qui me connaissent savent mon amour pour cette médecine là. Donc on prend 2 capsules d’huile de thym et de ? et on se frictionne à la citronnelle. Résultat, les moustiques n’aiment pas du tout notre odeur et du coup ils nous évitent. Juste génial ! ça c’est de la vraie prévention qui en plus ne fait pas muter les moustiques. Parce que cherEs toutes et tous, sachez qu’en consommant Lariam, Méphlaquine et autres saloperies de l’industrie chimique mondiale qui vous dévorent l’intérieur et bousillent tout sur leur passage, vous contribuez à augmenter les risques de paludisme chez les autochtones et vous amplifiez les dangers de mort. Car les moustiques, comme nous autres humaines d’ailleurs, s’adaptent aux soi-disant médicaments et développent des stratégies de résistance. Voilà pour la petite morale du jour. Au moins c’est dit, depuis le temps que j’enrage !!!!!!
Marlo m’échappe !
Bon moi là j’en ai marre. D’abord, l’autre là, la grande, a fait deux jours pour me sortir de ma valise ! J’aimerais bien vous y voir vous, enfermée dans le noir avec la pire gueule de bois…. Oui bon on va pas en faire un plat, mais on a bien fêté mon départ. Ensuite elle m’a pas encore laissé toucher ma guitare électrique, trop occupée qu’elle était avec ses stagiaires, son organisation et patati patata….ranafout’moi. D’ailleurs je me suis vengée. Hier sur le plateau, quand Madame la metteuse en scène a voulu me faire faire des trucs, ben j’y ai mis toute la mauvaise volonté du monde. J’étais chiffonnée et exténuée d’être restée pliée en 18 dans un micro sac. Na ! Faut quand même qu’on se rende compte que je suis une rock star moi. Pas un gadget qu’on sort pour épater ses amiEs. Mer… quoi !
Bon j’y retourne là, Madame la metteuse en scène gronde !
Ciao l’équipe ! Let’s fuck….and enjoy it. I kiss you.
Sacrée Marlo, je suis pas dehors de l’auberge avec cette sale gamine!
Bon et bien je vous bec fort. A très vite.
De retour à la maison (oui c’est déjà la maison, on est complètement là cette fois).
Marylène d’abord (Marlo trépigne, mais bon… faut aussi qu’elle apprenne la patience ya pas de raison que je m’y colle toute seule !)
Donc je vous avais promis un topo du stage :
Les stagiaires sont hallucinantEs, ils et elles avancent à un rythme effréné. Hier nous avons vécu des moments inoubliables. Des impros à se rouler par terre de rire. Mais vraiment. Et pourtant avec rien, enfin une chaises quoi ! Rencontre de deux clowns qui luttent pour s’asseoir. C’était superbe.
On a commencé le stage avec 10 stagiaires, 6 garçons et 4 filles, tous et toutes acteurs/actrices professionnels. Une fille a dû arrêter à cause de cumul de répétitions. On comprend. ChacunE ses choix. Les autres suivent. Personne n’a mis les pieds au mur. Tous et toutes ont exprimé le désir d’acquérir des outils nouveaux qui leur serviront dans leurs différentes pratiques. Je suis fascinée de voir l’ouverture de ce groupe. On sent une soif d’apprendre et de découvrir une autre planète. Parce qu’il faut quand même avouer que la planète clown c’est particulier. Les codes sont précis (jeu masqué) et en même temps on travaille seulement en impro pour l’instant. Donc il faut jongler entre des règles strictes, une énergie physique très haute et la nécessité de se sentir libre pour inventer dans l’instant. Et bien je suis heureuse de voir que l’humour et la poésie n’ont pas de frontière. En tout cas pas les mêmes que sur une carte de géo standard.
Pause super joyeuse :
Rebecca vient de téléphoner de la cabine du coin : ELLE A UN APPART A GENEVE ! Youpi ! le rêve 900.- 4.5 pièces, allez soyez généreuses, réjouissez-vous pour elle, elle le mérite !!! trop cool….crie t’elle à travers l’appart !!!!
GENIAL !
Donc retour au Bénin :
Les ZEM ! Le Zem est le moyen de transport le plus rapide à travers la ville. C’est en fait les taxis-motos d’ici. Et ça chie (pardon maman). On peut pas dire autrement. Y’en a partout. Tu lèves le petit doigts et hop un homme en jaune sur sont véhicule motorisé à deux roues te chope au passage. Et vroum hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii tut tut à travers Cotonou. J’adore. Le matin je mets mon Ipod à coin, toujours la même chanson « Hide and seek » d’Imogen Hemp (merci Valério), et je laisse les images danser autour de moi.
Côté cuisine. C’est super bon. A midi on va dans une sorte de cantine sous tôle ondulée o ?u une mama magnifique prépare des plats délicieux et copieux. Je dois demander à Guy les noms et les recettes. Ya une sorte de fromage frit qui ressemble à de la mozzarella. Du riz concassé avec du poisson, des alokos (bananes plantains frites)….miam miam. Et tout passe super bien, aucun souci stomaco-intestinal !
Niveau climat c’est très étrange. On est à la fin de la saison des pluies. Hier déluge ! Impressionnant ! Tu mets pas le nez dehors parce que t’es trempée en moins de deux. Après la pluie tout est humide. Tu te douches, tu te sèches, t’es de nouveau toute moite…un peu eurk splatch ! Mais c’est rien à côté de quand il fait super chaud comme aujourd’hui. Là idem, tu sors 30 minutes dehors et tu coule immédiatement. En bref, on est toujours humides ! Et les fringues sèchent pas. Bon c’est des détails, Reb voulait que j’en parle parce que ça la fait rire et elle se dit que ça peut vous faire rire aussi. Moi je suis dubitative mais j’aime bien quand elle est contente.
Encore un point sur la vie pratique africaine : les moustiques ! Et bien grâce à Clayre, qui a définitivement acquis le statut d’ange pour nous, nous avons même pas eu le loisir d’en croiser un. Rien nada que nenni ! Et ça parce qu’elle nous a trouvé un traitement anti-palu intelligent. Et aux huiles essentielles, oui Madame, et celles et ceux qui me connaissent savent mon amour pour cette médecine là. Donc on prend 2 capsules d’huile de thym et de ? et on se frictionne à la citronnelle. Résultat, les moustiques n’aiment pas du tout notre odeur et du coup ils nous évitent. Juste génial ! ça c’est de la vraie prévention qui en plus ne fait pas muter les moustiques. Parce que cherEs toutes et tous, sachez qu’en consommant Lariam, Méphlaquine et autres saloperies de l’industrie chimique mondiale qui vous dévorent l’intérieur et bousillent tout sur leur passage, vous contribuez à augmenter les risques de paludisme chez les autochtones et vous amplifiez les dangers de mort. Car les moustiques, comme nous autres humaines d’ailleurs, s’adaptent aux soi-disant médicaments et développent des stratégies de résistance. Voilà pour la petite morale du jour. Au moins c’est dit, depuis le temps que j’enrage !!!!!!
Marlo m’échappe !
Bon moi là j’en ai marre. D’abord, l’autre là, la grande, a fait deux jours pour me sortir de ma valise ! J’aimerais bien vous y voir vous, enfermée dans le noir avec la pire gueule de bois…. Oui bon on va pas en faire un plat, mais on a bien fêté mon départ. Ensuite elle m’a pas encore laissé toucher ma guitare électrique, trop occupée qu’elle était avec ses stagiaires, son organisation et patati patata….ranafout’moi. D’ailleurs je me suis vengée. Hier sur le plateau, quand Madame la metteuse en scène a voulu me faire faire des trucs, ben j’y ai mis toute la mauvaise volonté du monde. J’étais chiffonnée et exténuée d’être restée pliée en 18 dans un micro sac. Na ! Faut quand même qu’on se rende compte que je suis une rock star moi. Pas un gadget qu’on sort pour épater ses amiEs. Mer… quoi !
Bon j’y retourne là, Madame la metteuse en scène gronde !
Ciao l’équipe ! Let’s fuck….and enjoy it. I kiss you.
Sacrée Marlo, je suis pas dehors de l’auberge avec cette sale gamine!
Bon et bien je vous bec fort. A très vite.
mardi 2 octobre 2007
1 octobre...
Cotonou, 1 octobre 07 – dans notre appart, quartier SIKE CODA
Marlo n’est pas encore sortie de sa valise…parole de Marylène :
Oulala, même pas 24 heures qu’on est là et déjà tant d’émotions. Le voyage s’est déroulé comme dans un rêve… un long et beau rêve. Faut dire aussi que j’avais pas dormi et donc mon état de conscience modifié me donnait une réceptivité aux choses toute particulière. Moment marquant : Rebecca qui sort son pendule à l’aéroport de Tripoli pour que je puisse poser des questions (un peu perso… l’amour évidemment !). Ce qui était drôle c’est les amis africains, Franky et Apollinaire, qui observait ça, assez surpris quand même. Et pourtant ce sont des ressortissant du pays du Vaudou…. La magie est arc-en-ciel, elle est accessible de tous les pays. Ça rassure ! D’ailleurs les garçons ont aussi posé des questions. Business bien sûr… hihihihihi ! Je ne vais pas faire une analyse en terme de genres (masculin féminin au cas où y’aurait doute) des questions préoccupantes pour chacun des sexes, mais quand même je rigole doucement.
Arrivées à l’aéroport… très cool. Pas d’agression sur les bagages, ni sur rien. On est juste les bienvenues en tant qu’êtres humaines et pas comme des potentielles sources de profit financier. Ça rassure !
Petite pause carambar :
Dans la série les trois bonnes raisons… de ne pas être un vampire qui va chez le dentiste
1) c’est difficile de mordre avec un appareil dentaire
2) tu vas perdre un plombage dans le cou d’une victime
3) un vampire avec un sourire télé ça n’impressionne pas
No comment.
Je ne suis pas encore entièrement arrivée. Un excellent ami, Gilles, m’avait parlé de la différence de temps entre le déplacement du corps et celui de l’âme. Et bien aujourd’hui je sens que mon âme est en chemin vers ici. Mais que quelques bribes sont encore en Suisse, avec des sentiments mélangés. J’ai une extrême reconnaissance pour le Valentin, ma maison, et toutes celles et ceux qui m’ont accompagnée dans la préparation de ce voyage. C’est vrai que sans mes amiEs je n’aurai pas réussi à être prête à partir en si peu de temps. Merci Gwen pour ton assistance technique Ipodique, merci Charly, Valério et re Gwen pour avoir rempli ce petit carré technologique qui me permet de partager mon univers en musique. Merci à Lydie et Seb d’avoir eu la bonté infinie de se lever pour m’amener jusqu’au check-in. Merci à Patou d’exister. Merci à Steph de nous avoir fait un dessert, même si Charly a tout mangé la crème du gâteau. Merci à Valou et Christophe d’avoir été présents dans ce moment clé. Merci à Mag et Alexis de se soutenir mutuellement dans leurs excès d’alcool. Merci à Marcol de douter de sa place sur la surface de la terre. Merci à Gilles de s’être éveillé en pleine nuit pour m’apprendre à accorder ma guitare. Et merci à Joachim pour cet immense cadeau, le plus beau, lui.
Quelques bribes aussi à Martigny. Maman, Gene, Filou et les deux amours chéris Sacha et Romain. Et aussi gros bec à Papa que je n’ai pas pu voir avant mon départ, tant nous avons choisi des vie trépidantes, complètement incompatibles au niveau des horaires.
Notre appart est super. Un salon assez grand, trois chambres, une cuisine, deux balcons. Deux salles de bain. Le luxe total. Des conditions propices au travail et au repos aussi. Merci à Guy de tout faire pour que notre séjour ici soit agréable.
Guy-Ernest Kaho, mon ami. C’est de lui qu’est venue l’impulsion de cette aventure. Notre première rencontre a eu lieu en 2004 au Festival des Réalités de Bamako (Mali). Il avait vu nos interventions de clown avec la BIC (Brigade d’intervention clownesque). Le jour de son départ, il est venu me voir à la pension où je logeais pour me demander une collaboration. J’étais en train de faire la lessive, toute prise à répéter les gestes ancestraux du frottage. Ça ne m’a pas empêchée de tout suite rêver. Je ne voyais pas comment, mais la graine était plantée. Il a fallu attendre deux ans pour démarrer l’aventure. A nouveau au Festival des Réalités en décembre 2006, à nouveau le jour de son départ, il me fait une demande plus concrète : il a un spectacle à faire pour le 25 décembre 07 au Centre Culturel Français de Cotonou et il souhaite faire du clown avec moi. J’ai dit ok d’accord, mais c’est trop de boulot pour une seule date. Il part. Je réfléchis et le lendemain matin, l’illumination ! Clayre. La perle rare. Clayre je l’avais rencontrée au Festival, en 2004 et 2006 aussi. Elle participait à l’organisation, accueil et coordination. Juste géniale ! Toujours prête à trouver LA solution. Elle a œuvrer tout ce temps pour que le projet naisse. En rentrant, deuxième illumination ! Rebecca. Ma vieille complice de scène, ma vieille copine qui en connaît un rayon en matière d’amour et du reste aussi. Une metteuse en scène inspirée et clairvoyante qui cherche le meilleur dans ses partenaires. Bon l’Afrique c’était pas forcément son trip, mais elle est tellement ouverte que top départ. Je lui ai confié la responsabilité artistique de l’aventure.
Deux objectifs ce mois-ci au Bénin : donner un atelier de recherche sur les pratiques clownesques à des acteurs et actrices africains et faire la première phase du spectacle TEKITOI ? sur les questions de diversité culturelle. Deux semaines de stage tous les matins et l’après-midi et le soir, création. Je donne les aspects techniques et les outils essentiels de la pratique clownesque aux 10 stagiaires (dont Guy-Ernest) et Rebecca gère la création de numéros, ainsi que l’émergence de TEKITOI. Cette création se fera en deux temps : première phase ici, au Bénin, du 1 au 30 octobre ; deuxième phase : à Genève du 15 novembre au 7 décembre, jour de la première à La traverse, Maison de quartier des Pâquis .
Et voilà, on y est ! On attend encore Christophe, notre musicien clown qui arrive le 9 octobre à Cotonou….. On se réjouit !
Ce matin : réveil à labours, complètement décalquée ! trois nuits blanches ou presque la semaine passée, est-ce bien raisonnable ? « La où le cœur circule la vie s’accélère. » Tout est là. Je veille à mes heures de sommeil, tout va bien. D’ailleurs, là il est déjà 22h, je vais faire court pour conclure.
Donc ce on est arrivées en retard au Centre Culturel Français pour le workshop ! Bien joué les Suissesses…et moi qui fait de la ponctualité un art de vivre. No comment. La rencontre avec les stagiaires laisse entrevoir un gros potentiel. Il y a visiblement des clowns parmi ces 10 personnes. On a attaqué assez fort. Sans rien leur dire ou presque on a commencé avec l’impro du balai. Cette fameuse impro où la/le clown vient sur le plateau pour balayer et tout à coup découvre le public. Oui je sais les spécialistes me diront que c’est un peu trash. Vive le rock ! La suite du workshop je vous la raconte dans un prochain épisode. Ah oui le thème exploré : la diversité culturelle, abordée sous l’angle des particularités singulières…à l’image de la création que nous démarrons demain :TEKITOI ?
Pour les adeptes de nouvelles technologies : vous pouvez m’appeler (ou SMS) sur mon numéro béninois au 00229 93 97 94 44 avec Skype… c’est pas cher m’a assuré Clayre. Et si Clayre dit…confiance absolue !
Je vous bec toutes et tous bien fort avec AMOUR.
m.
Marlo n’est pas encore sortie de sa valise…parole de Marylène :
Oulala, même pas 24 heures qu’on est là et déjà tant d’émotions. Le voyage s’est déroulé comme dans un rêve… un long et beau rêve. Faut dire aussi que j’avais pas dormi et donc mon état de conscience modifié me donnait une réceptivité aux choses toute particulière. Moment marquant : Rebecca qui sort son pendule à l’aéroport de Tripoli pour que je puisse poser des questions (un peu perso… l’amour évidemment !). Ce qui était drôle c’est les amis africains, Franky et Apollinaire, qui observait ça, assez surpris quand même. Et pourtant ce sont des ressortissant du pays du Vaudou…. La magie est arc-en-ciel, elle est accessible de tous les pays. Ça rassure ! D’ailleurs les garçons ont aussi posé des questions. Business bien sûr… hihihihihi ! Je ne vais pas faire une analyse en terme de genres (masculin féminin au cas où y’aurait doute) des questions préoccupantes pour chacun des sexes, mais quand même je rigole doucement.
Arrivées à l’aéroport… très cool. Pas d’agression sur les bagages, ni sur rien. On est juste les bienvenues en tant qu’êtres humaines et pas comme des potentielles sources de profit financier. Ça rassure !
Petite pause carambar :
Dans la série les trois bonnes raisons… de ne pas être un vampire qui va chez le dentiste
1) c’est difficile de mordre avec un appareil dentaire
2) tu vas perdre un plombage dans le cou d’une victime
3) un vampire avec un sourire télé ça n’impressionne pas
No comment.
Je ne suis pas encore entièrement arrivée. Un excellent ami, Gilles, m’avait parlé de la différence de temps entre le déplacement du corps et celui de l’âme. Et bien aujourd’hui je sens que mon âme est en chemin vers ici. Mais que quelques bribes sont encore en Suisse, avec des sentiments mélangés. J’ai une extrême reconnaissance pour le Valentin, ma maison, et toutes celles et ceux qui m’ont accompagnée dans la préparation de ce voyage. C’est vrai que sans mes amiEs je n’aurai pas réussi à être prête à partir en si peu de temps. Merci Gwen pour ton assistance technique Ipodique, merci Charly, Valério et re Gwen pour avoir rempli ce petit carré technologique qui me permet de partager mon univers en musique. Merci à Lydie et Seb d’avoir eu la bonté infinie de se lever pour m’amener jusqu’au check-in. Merci à Patou d’exister. Merci à Steph de nous avoir fait un dessert, même si Charly a tout mangé la crème du gâteau. Merci à Valou et Christophe d’avoir été présents dans ce moment clé. Merci à Mag et Alexis de se soutenir mutuellement dans leurs excès d’alcool. Merci à Marcol de douter de sa place sur la surface de la terre. Merci à Gilles de s’être éveillé en pleine nuit pour m’apprendre à accorder ma guitare. Et merci à Joachim pour cet immense cadeau, le plus beau, lui.
Quelques bribes aussi à Martigny. Maman, Gene, Filou et les deux amours chéris Sacha et Romain. Et aussi gros bec à Papa que je n’ai pas pu voir avant mon départ, tant nous avons choisi des vie trépidantes, complètement incompatibles au niveau des horaires.
Notre appart est super. Un salon assez grand, trois chambres, une cuisine, deux balcons. Deux salles de bain. Le luxe total. Des conditions propices au travail et au repos aussi. Merci à Guy de tout faire pour que notre séjour ici soit agréable.
Guy-Ernest Kaho, mon ami. C’est de lui qu’est venue l’impulsion de cette aventure. Notre première rencontre a eu lieu en 2004 au Festival des Réalités de Bamako (Mali). Il avait vu nos interventions de clown avec la BIC (Brigade d’intervention clownesque). Le jour de son départ, il est venu me voir à la pension où je logeais pour me demander une collaboration. J’étais en train de faire la lessive, toute prise à répéter les gestes ancestraux du frottage. Ça ne m’a pas empêchée de tout suite rêver. Je ne voyais pas comment, mais la graine était plantée. Il a fallu attendre deux ans pour démarrer l’aventure. A nouveau au Festival des Réalités en décembre 2006, à nouveau le jour de son départ, il me fait une demande plus concrète : il a un spectacle à faire pour le 25 décembre 07 au Centre Culturel Français de Cotonou et il souhaite faire du clown avec moi. J’ai dit ok d’accord, mais c’est trop de boulot pour une seule date. Il part. Je réfléchis et le lendemain matin, l’illumination ! Clayre. La perle rare. Clayre je l’avais rencontrée au Festival, en 2004 et 2006 aussi. Elle participait à l’organisation, accueil et coordination. Juste géniale ! Toujours prête à trouver LA solution. Elle a œuvrer tout ce temps pour que le projet naisse. En rentrant, deuxième illumination ! Rebecca. Ma vieille complice de scène, ma vieille copine qui en connaît un rayon en matière d’amour et du reste aussi. Une metteuse en scène inspirée et clairvoyante qui cherche le meilleur dans ses partenaires. Bon l’Afrique c’était pas forcément son trip, mais elle est tellement ouverte que top départ. Je lui ai confié la responsabilité artistique de l’aventure.
Deux objectifs ce mois-ci au Bénin : donner un atelier de recherche sur les pratiques clownesques à des acteurs et actrices africains et faire la première phase du spectacle TEKITOI ? sur les questions de diversité culturelle. Deux semaines de stage tous les matins et l’après-midi et le soir, création. Je donne les aspects techniques et les outils essentiels de la pratique clownesque aux 10 stagiaires (dont Guy-Ernest) et Rebecca gère la création de numéros, ainsi que l’émergence de TEKITOI. Cette création se fera en deux temps : première phase ici, au Bénin, du 1 au 30 octobre ; deuxième phase : à Genève du 15 novembre au 7 décembre, jour de la première à La traverse, Maison de quartier des Pâquis .
Et voilà, on y est ! On attend encore Christophe, notre musicien clown qui arrive le 9 octobre à Cotonou….. On se réjouit !
Ce matin : réveil à labours, complètement décalquée ! trois nuits blanches ou presque la semaine passée, est-ce bien raisonnable ? « La où le cœur circule la vie s’accélère. » Tout est là. Je veille à mes heures de sommeil, tout va bien. D’ailleurs, là il est déjà 22h, je vais faire court pour conclure.
Donc ce on est arrivées en retard au Centre Culturel Français pour le workshop ! Bien joué les Suissesses…et moi qui fait de la ponctualité un art de vivre. No comment. La rencontre avec les stagiaires laisse entrevoir un gros potentiel. Il y a visiblement des clowns parmi ces 10 personnes. On a attaqué assez fort. Sans rien leur dire ou presque on a commencé avec l’impro du balai. Cette fameuse impro où la/le clown vient sur le plateau pour balayer et tout à coup découvre le public. Oui je sais les spécialistes me diront que c’est un peu trash. Vive le rock ! La suite du workshop je vous la raconte dans un prochain épisode. Ah oui le thème exploré : la diversité culturelle, abordée sous l’angle des particularités singulières…à l’image de la création que nous démarrons demain :TEKITOI ?
Pour les adeptes de nouvelles technologies : vous pouvez m’appeler (ou SMS) sur mon numéro béninois au 00229 93 97 94 44 avec Skype… c’est pas cher m’a assuré Clayre. Et si Clayre dit…confiance absolue !
Je vous bec toutes et tous bien fort avec AMOUR.
m.
lundi 1 octobre 2007
DEPART SMOOTH
Dimanche 30.09.07, 18h et un peu, TRIPOLI en transit, quelques bribes, etat de conscience modifier par l`absence de sommeil
Et voila c`est reparti pour un tour!
Retour en afrique....et beaucoup plus bas. Pas de Sahel cramer(je mets volontairement er pour que tu lises le son /e/)
Cette fois l`ocean.Cotonou. Sea sex and sun le monde dit. Moi je dis surtout party and rock n`troll.
Je viens de recevoir le cadeau le plus magnifique du monde que j`ai jamais recu. MA GUITARE! Sur mesure, fabriquee par l`ange Jo. Tellement beau que c`est au dela des mots. En tout cas de ceux la la, des tous bizarres a cause que le clavier il est aussi en arabe, du coup ca complique franchement la fluiditer d`ecriture. bref.
JE PARS AVEC MA GUITARE! a aucun moment j`ai douter que ca puisse etre possible. C`etait asssez hallucinant d`attendre. Une sublime attente, magnifique voyage au coeur de la choucroute. Parce que la choucroute c`est facile pour reunir une grande famille, le Collectif 43, des zamiEs d`ailleurs aussi. Des gens sans qui je serai moins ceci et plus cela. Cette nuit j`ai eprouver l`attente delicieusement joyeuse. L`attente confiante aussi. Quel bonheur d`eprouver la confiance totale. Je dis pas que ya pas eu quelques frissons d`impatience! Ils ont participer a la prodigieuse jouissance du desir qui monte et qui rempli chacune des cellules du corps jusqu`a le faire vibrer dans les fibres les plus reculees de l`ame.
Je m`incline devant ton immense generosite, cher fabricant de reve.
BOOM REALITE...je file vers l`embarquement, Reb m`attend.
m.
Et voila c`est reparti pour un tour!
Retour en afrique....et beaucoup plus bas. Pas de Sahel cramer(je mets volontairement er pour que tu lises le son /e/)
Cette fois l`ocean.Cotonou. Sea sex and sun le monde dit. Moi je dis surtout party and rock n`troll.
Je viens de recevoir le cadeau le plus magnifique du monde que j`ai jamais recu. MA GUITARE! Sur mesure, fabriquee par l`ange Jo. Tellement beau que c`est au dela des mots. En tout cas de ceux la la, des tous bizarres a cause que le clavier il est aussi en arabe, du coup ca complique franchement la fluiditer d`ecriture. bref.
JE PARS AVEC MA GUITARE! a aucun moment j`ai douter que ca puisse etre possible. C`etait asssez hallucinant d`attendre. Une sublime attente, magnifique voyage au coeur de la choucroute. Parce que la choucroute c`est facile pour reunir une grande famille, le Collectif 43, des zamiEs d`ailleurs aussi. Des gens sans qui je serai moins ceci et plus cela. Cette nuit j`ai eprouver l`attente delicieusement joyeuse. L`attente confiante aussi. Quel bonheur d`eprouver la confiance totale. Je dis pas que ya pas eu quelques frissons d`impatience! Ils ont participer a la prodigieuse jouissance du desir qui monte et qui rempli chacune des cellules du corps jusqu`a le faire vibrer dans les fibres les plus reculees de l`ame.
Je m`incline devant ton immense generosite, cher fabricant de reve.
BOOM REALITE...je file vers l`embarquement, Reb m`attend.
m.
jeudi 30 août 2007
Blog alimenté dès le 30 septembre 2007
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A bientôt
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