Lundi 14 octobre
Marylène :
Ça y est on attaque la troisième semaine. Waouh ! ça file !
On a déjà passé un gros cap vendredi, avec la présentation publique à l’issue du stage. J’ai flippé de chez flippé, toutes mes tripes et boyaux, dès le matin le bide en charpille et une angoisse qui a duré toute la journée. C’est fou comme j’ai peur chaque fois que je mets des gens sur scène. Ça me rappelle quand Nathan et Daphné de l’école de cirque de Sainte-Croix - Lezarticirque – ont présenté un numéro au concours des Ecoles de Cirques à Confignon (Genève)… je pleurais dans les loges au moment où il et elle sont rentréEs en piste. Bon ce coup-ci j’ai pas pleuré, parce qu’il fallait assurer la présentation devant les gens. Ouf ! Donc ça devait commencer à 18h30, on a attendu « la demi-heure africaine », je faisais un peu hôtesse s’accueil. Aïe aïe aïe ! C’est pas le truc que je maîtrise le plus faut dire. Bon je m’étais quand même déguisée en fille pour l’occas’, avec du rouge à lèvres même… ça a bien fait rire Sylviana, notre stagiaire clown-trash. Je suis heureuse que Ousmane Aledji soit venu. C’était une sorte d’honneur car il est le metteur en scène Agbo N’Koko, la compagnie de Guy-Ernest. Il y avait une cinquantaine de personnes, c’est bien, vue la marginalité de la pratique.
D’ailleurs c’est ce que j’ai dit en introduction : les clowns sont en marge de tout, du théâtre et de la société dans son ensemble. J’ai expliqué en quelques mots comment nous avions travaillé durant les deux semaines et j’ai présenté le déroulement de la soirée. Tout d’abord petite partie technique, suivie de trois impros qui avaient été préparées pendant le stage, ensuite un scénario incluant tout le groupe, proposée par un des stagiaires, Jean-Louis ; et pour terminer deux impros que les stagiaires ne connaissaient pas. Ça a commencé gentiment. Le public était d’abord surpris par l’univers clownesque, puis petit à petit, les gens se sont laissés prendre. Guy-Ernest et Jean-Louis nous ont fait une magnifique performance avec leur séquence du conférencier et de l’assistant. Jean-Louis était remarquable dans son discours sur les raisons pour lesquelles les jeunes filles pratiquent l’avortement. Deux raisons principales : l’infidélité d’une part et les traditions d’autre part. Concernant l’infidélité, il a donné l’exemple d’une jeune fille qui aurait dans sa carrière… sexuelle du moins, fréquenté 15 hommes de différentes origines et couleurs le même mois et qui serait tombée enceinte par la grâce de Dieu. Le point était que : qui voudrait d’un enfant arc-en-ciel ? La deuxième raison évoquée : le fa qui est l’oracle que les femmes consultent quand elles apprennent qu’elles sont enceintes. Si ce prêtre traditionnel annonce que l’enfant à venir va avoir une grosse tête et huit orteils seulement, et qu’en plus il sera bandit à 10 ans, il paraît évident que personne ne voudrait d’un tel enfant……. dit comme ça ça peut paraître un peu cru, mais il faut se figurer tous ces propos entrecoupés des interventions de Guy qui faisait tout pour son conférencier chéri, mais tellement tout qu’il était difficile pour ce dernier de poursuivre son discours. Cette séquence était magistrale, là j’ai pleuré de rire ! Un excellent duo avec un réel plaisir de jeu partagé. Régal et cadeau pour la petite Marlo que je suis. Je dois avouer que j’étais fière des sept stagiaires. ChacunE a donné le meilleur de soi à ce moment là. La clown attitude y était. Merci, mille merci à Tonton, Anselme, Jean-Louis, Serge, Sylviana, Josiane et Guy-Ernest. A l’issue de la présentation les retours du public étaient enthousiastes. Et moi SOU-LA-GEE !
Dans la voie, juste.
Après le week-end avait plus ka se tenir tranquille ! J’ai pas été au Royaume du Dahomey. Fallait que je récupère émotionnellement et physiquement aussi. Donc je suis restée à la maison. J’en ai profité pour peindre ma guitare. Superbe ! Violette métale nacrée et verte de l’autre côté. J’adore !
Evénement marquant du week-end, je le signale parce que c’est complètement dans le thème de notre création, la diversité culturelle. Je situe le contexte. Je voulais aller à un méga concert au stade de l’amitié, genre 12 groupes qui viennent chanter sur invitation du président. Grand événement culturel offert à la population de Cotonou. Je me réjouissais parce que j’avais envie de danser avec les jeunes, comme pour le concert de Tikken Jah Falkoly à Bamako l’année passée. Avant d’entrer dans le stade je me rends compte que j’ai trop de sous sur moi pour ce genre de manif’, donc je demande à Guy de prendre mon porte-monnaie, histoire de pas tenter le djable comme on dit chez nous. Guy s’en va dans sa famille et moi je vais pas au concert finalement parce qu’il a été annulé pour une raison que j’ignore. Du coup je rentre à la maison et j’attends le retour de mon partenaire adoré. Il me téléphone vers 22 h pour m’informer qu’il ne rentre pas parce qu’il a des affaires familiales à régler. Ok ! j’étais déçue mais j’ai fais la grande fille qui assure et qui a même pas peur de rester toute seule dans cette maison pleine de bruits bizarres. J’hésite à aller me jeter une petite bière au Limousin et du coup tchac je constate que j’ai pas mon porte-monnaie. Et ça me fait rire. J’écris un SMS à Guy, pour rire : « Et bien Monsieur K heureusement que nous travaillons au dépassement des clichés parce qu’un Africain qui disparaît avec le porte-monnaie de la petite yovo (blanche) sous prétexte de famille, ça sent un peu l’arnaque !! hihihihi ! » j’envoie et je continue à peindre 10 minutes et tout à coup, prise de conscience : putain j’ai loosé !
Je sens que c’est pas du tout le genre de gag à faire. Je récris ni une ni deux à Guy pour dire que vraiment je blaguais…. J’essaie de l’appeler 4 fois…. Rien pas de réponse. Merde de merde ! la dèche ! Du coup j’ai culpabilisé toute la nuit et j’ai monstre flippé à cause de quelque qu’un qui est venu tapé à notre portail vers 2h du mat ‘ (finalement c’était pour les voisins qui habitent en dessous de chez nous)…. Alalala…. Je faisais pas la maligne dimanche matin quand j’avais toujours pas de nouvelles de Guy, que j’arrivais pas à atteindre le reste de la bande, partie au Dahomey, et que malgré mon insistance mes appels restaient sans échos. Heureusement vers 12h30, Guy est rentré. On a discuté….effectivement je l’avais blessé. Je comprends. J’apprends les limites de l’humour.
Le reste de la journée était super : on a été dans la meilleure pâtisserie de Cotonou où la dame Marquise m’a fait dégusté ses glaces. Comme en Italie. Je m’envolais au milieu de la boutique. J’ai dit à Guy que cette fois c’était bon je pouvais venir m’installer au Bénin. Il m’a répondu que si un jour je venais, j’aurais une meilleure raison que ça. Comme si manger une forêt noire délicieuse au bord de l’Océan Atlantique en compagnie d’un homme extraordinaire n’était pas une raison suffisante pour émigrer.
Une autre histoire.
Marlo :
Pouf pouf urk gasp de gasp……ce matin la grande m’a sortie de mon sac… franchement j’ai jamais eu aussi chaud de ma vie. Dans le noir de ma toile j’étais au moins protégée de l’étuve, parce que là franchement j’ai cru que je me liquéfiais total. J’allai fondre et changer de forme définitivement. Genre bougie qui meurt. Toute fondue la Marlo ! Bon là j’ai cours de guitare et je suis déjà monstre à la bourre et le blabla c’est pas trop mon truc…tchâouhhhhhhhhh la bande !
mercredi 17 octobre 2007
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