Dimanche soir 13 octobre 2007
Rebecca :
Week end à Abomey : Maman Clayre, Papi Serpi et moi sommes partis pour un week end en « campagne « ! A Abomey à 145 km de Cotonou, ville du royaume du Dahomay ou vécurent pleins de rois. Bon ! pour les érudits d’histoires ; 14 rois (donc 14 palais) qui régnèrent de 1620 à 1900, date de l’occupation française. Je vous préviens mon récit va être long…. Prévoyez sandwichs et boissons….
Donc samedi matin sous un ciel menaçant, nous enfourchons des zems. Juste le temps d’arriver au lieu des taxis brousse avant que le déluge ne s’abatte sur nous (ici ce qui est bien c’est que quand il fait chaud il fait chaud et quand il pleut il pleut). Au moment où maman Clayre me lance « reste calme et ne donne pas ton sac », une nuée de gars se jettent sur nous afin de nous emmener vers d obscurs endroits. Je suis donc restée très calme et j’ai NON !... NON je te dis ! quand le monsieur a voulu prendre mon sac. Vu les litres d’eaux qui descendaient du ciel, on s’est vite abrité sous une toit de tôle qui.. goûtait… bien sûr !… Et les transactions ont pu commencé.
Extrait :
Clayre : on cherche taxi pour Abomey
Un homme : y a pas
Clayre : y a pas ?
Un homme : non !
Clayre : ah !
Un autre homme : faut aller à Dassau
Clayre : c’est sur le chemin de Cotonou ?
Un autre homme : oui
Clayre : c’est combien de temps !
Un autre homme : pas beaucoup !
Un autre autre homme : Tu veux allé à Abomey ?
Clayre : oui ! tu vas directement ?
Un autre autre homme : oui
Clayre : Cotonou – Abomey direct ?
Un autre autre homme : oui oui
Clayre : c est combien par personnes
Un homme : 15 000 cfa
Un autre autre homme : 14 000 cfa
Un autre homme : ?????
Clayre : 15 000 ! c est trop cher
Un autre autre homme : non pas trop cher.
Clayre : attends nous prend pas pour des yovos !
Un autre homme : ??????
Clayre : non le prix normal c est 2500 cfa par personne (ref guide du routard)
Je rappelle qui pleut à tomber les dents
Un nouvel autre homme : je te fais 13 000 cfa et pas d’autres personnes, climatisé, musique
Clayre : se tourne vers Christophe et dit à son oreille Bon fais le mec qui est pas d’accord ! Le chauffeur demande 13 000 cf pour les 3 t’est d’accord
Christophe : qui prend un air de responsable de groupe en goguette ah non ! c’est trop cher ! 10'000 cfa …..
Un nouvel autre homme : pas trop cher, il pleut !
Tout cela a duré un peu moins de 40 minutes, on a finit pas tomber sur 12000 cfa pour les 3 avec climatisation et musique. Le chauffeur file chercher son char. C’est sans compter que l’autre l’autre l’autre l’autre homme qui avait servi d’intermédiaire était restait toute la discussion sous la pluie, ca pleuvait comme vache qui pisse et lui restait de marbre avec ses sandalettes comme goutières. Donc il a commencé par enlever son t-shirt surmouillé et le tend à Christophe en criant « moi mouillait pour toi donne cadeau ». Il nous a harcelé jusqu’à la voiture et même il a essayé de piquer les lunettes de Christophe. On s’engouffre donc dans la voiture et là surprise il y a déjà 2 autres passagers. Ah parce ce qu’il faut savoir c’est dans les taxis brousse c’est 7 passagers (deux sur le siège passagers, 4 personnes derrière et c’est pas des 4/4 non plutôt vieille peugeot 305). Le temps que l’on fasse remarquer au chauffeur que c’est pas ce qui avait été dit et qu’on ne veut pas payer le même tarif, qu’on était déjà à 15 minutes de Cotonou. Clayre était dans une colère noire, elle ne supporte pas quand elle se sent la yovo qu on couillonne. Le chauffeur faisait la sourde oreille, dehors il délugeait, on était trop loin du centre ville, tous le monde avait les nerfs, et c’est là que Christophe qui est pour moi le zen réincarné s’est mis à hurler au chauffer, on est tous restait sans voix, la bouche ouverte. Bref, le chauffeur s’arrête, nous on pensait que c’était pour discuter et ben non c’était pour prendre… une autre personne : le propriétaire du véhicule. Un gentil monsieur avec une serviette de bain sur la tête. On rediscute un moment avec lui sur les circonstances de notre énervement et pour finir nous trouvons un arrangement. 10000cfa pas plus pas moins. Donc, tout le monde est content et le véhicule redémarre. Sur le chemin, nous avons traversé des villages, des marchés ou grouillait de gens, de marchands, à chaque arrêt une nuée de petites vendeuses essayaient désespéramment de nous vendre des citrons, des arachides et autres petits encas. En repartant, le chauffeur en a écrasé une ou deux sur son passage. Mais non je rigole !. Ca roulait bien vite et comme le chemin était couvert de nid de poule, on a slalomé avec une tendance à être sur la gauche. Ici quand on est à gauche on est à gauche. C’est assez flippant surtout sous la PLUIE, coincés comme des sardines. Christophe était assis sur le siège de devant avec le proprio. Il avait le cul sur le frein à main et devait se tenir à la poignée du plafond. Avec le bonheur d’avoir le proprio coincé contre lui (toujours son linge de bain sur la tête) celui-ci d’ailleurs a fini tel un enfant mignon par s’endormir contre la poitrine de Christophe. On était plié en deux avec Clayre. Quand la pluie c’est arrêté, je me suis dit chouette je vais faire des photos et c’est là que mon appareil m’a gentiment dit « changer batterie » super pas de photos.
Arrivé à Abomey, le chauffeur bien sur nous a largé devant l’entrée de la ville prétextant je sais plus quoi, on a lâché et avons pris des zems pour aller à l’auberge « Chez Monique » (ref le routard) Une jolie auberge dans un jardin tropicale, avec un parc à crocodile (argh) , un singe en cage (bof) des chiens tout maigrelets (ouains) et des lézards (normal). Après avoir laissé nos affaires, nous sommes repartis visiter les alentours. On s’est rendu au palais du roi Guézo mais celui-ci était fermé (pas Guézo il est mort, non le palais était fermé) donc on a acheté les souvenirs afin de gagner du temps pour le lendemain (pas folle les guêpes). On a marché dans la ville (que je trouve plutôt village, mais quand j’ai dit…ah oui j’ai oublié de vous dire ca : on est passé devant une prison et donc je dis au zem « Oh vous avez une prison ! je croyais que c’était seulement dans les grandes villes », celui me répond offusqué « mais c’est une grande ville ! ») bon là je m’égare…. Donc on a marché dans la ville..age, qui est juste magnifique. La terre est très rouge, ce qui fait que les murs des maisonnettes le sont également. Tout autour c’est vert, beaucoup de végétations et pourtant les chemins sont secs de chez sec (ici quand c’est sec c’est sec). Des gamins qui courent partout, des femmes couchés (c’est dingue, dès qu’ils sont 5 minutes ils posent des cosses, les vendeurs, la guide du musée, le réceptionniste de l’auberge, dans la rue…bon faut dire qu’il fait chaud) Des petites échoppes de couture « haute taillerie l’espérance », de coiffure « la Santé Coiffure », des échappes « un peu de tout ». Je vous dis y a des photos qui se perdent ! (Christophe avait aussi pris son appareil mais celui-ci aussi avait la batterie à plat… Et en plus son chargeur est resté en France.) Bref ! c’était magnifique. Pour finir on s’est arrêté dans une boutique de djembés. Ni une ni deux le monsieur de la boutique nous a sorti tout son stock dans la rue. Ce qui a déjà crée un petit remue ménage qui a a fini par un embouteillage quand Christophe s’est mis à jouer, le monsieur à le suivre, Clayre a frapper des mains et moi à chanter. Les mamans des autres boutiques se sont jointes à nos mains et c’était la fête avec les yovos. Au bout d’une quarantaine de minutes, on a senti que si on acheté par quelque chose c’était soit on devait courir très vite, soit on passait pour des yovos vraiment pas sympas, résultat Christophe est reparti avec 2 instruments. Arrivé chez Monique, on a soupé sous les étoiles au son des grillons et d’un truc qu on a pas reconnu. Ensuite on est allé se coucher et Christophe armé de sa prise de son s’est noyé dans la nuit….
Le lendemain matin, Christophe s’est levé à 7 heures pour retourner dans le coin faire de la pêche au son. Il est revenu 1 heure plus tard pour finir la grasse mat avec nous (enfin, dans son lit). Vers les 11 heures, on a loué des vélos et on est partis en balade dans la campagne, à travers les petites habitations. On a croisé tous pleins de gens sympas qui nous appeler yovos (ben oui on est blanc on va pas en faire tout un plat) et on leur répondait « afongandgia » (phonétique, je sais plus comment on écrit et là c’est presque minuit donc je vais pas réveiller Guy pour qu’il me donne la bonne orthographe) dès que tu parles dans leur langues les gens sont super content et nous répondent un long discours et nous on se contente de hocher la tête en souriant. On a fini par visiter les palais d’Abomey, bon palais c’est pas comme chez nous, c’est plutot genre « construction en largeur » des cases améliorées, par contre ce qui est très beau ce sont les grandes cours qui entourent chaque petits palais, les murs sont recouverts de sculptures incrustés avec des scènes de guerre, de morts, d’armes, afin c’était des guerriers ces rois normal quoi ! Et on est entré dans le tombeau du roi Guezo qui donc s’est fait enterré avec ses 41 femmes (je précise qu’elles étaient vivantes au moment de sa mort, mais elles ont décidé d’un commun accord de le suivre dans la tombe, ca c’est de l’amour !!) et petits détails si j’ose l’expression les murs qui protège le tombeau sont un mélange de terre, de sang humains, de bijoux, et autres matières premières assez inquiétantes. On a cherché les bijoux mais on a rien trouvé. Comme je vous disais plus haut, on était accompagné d’une guide, Pierrette, très sympa mais très fatiguée. Elle profitait des moments ou l’on regardait ailleurs pour poser sa cosse. Après cette visite culturelle, on a vidé une boisson sucrée et on a repris nos vélos. On s’est un peu perdu, on s’est retrouvé et finalement Christophe a crevé…. On s’est arrêté pour avaler de la pâte rouge, un bout de poisson et tout près nous avons trouvé un petit jeune homme qui tenait une petite échoppe de garage. Avec la chaleur, on est resté 30 minutes la bouche ouverte le regarder réparer le pneu à l’Africaine. L’heure du retour nous a forcé à repartir sous le cagnard . On s’est fait brûlé au 50ème degré à rouler sous le soleil, c’est un peu n’importe quoi ces blancs becs ! Le taxi brousse nous attendait pour retourner sur Cotonou. Un nouveau chauffeur, stressé à mort, il a surchargé la voiture de charbon, on a du rouler sur 2 roues à force. Comme Christophe avait vécu une expérience assez difficile on lui avait dit qu’on irait nous devant pour le retour. Mais pas de chance pour lui car le chauffeur avait 3 autres passages qui nous ont rejoins et pas des tailles minis. 2 hommes XXL et une maman XXXL. Il s’est donc retrouvé une nouvelle fois coincé comme une sardine contre la porte. Le retour s’est fait en slalom, on va pas changer les bonnes habitudes et cette fois le chauffeur avait une prédilection pour la droite et ici quand on roule à droite c’est à droite. Vu de derrière c’était flippant et de devant c’est comment dire ca nous prouve que notre cœur peut battre assez vite…
Mais bon c’était chouette assise avec ma Clayre que j’adore a se raconter des bêtises et grignoter des arachides. Retour à Cotonou dans la nuit, la circulation et la bonne cuisine de Maman.
Voilà un week end comme je les aime : de jolies rencontres, un paysage fantastique et des amis près de vous ! Quoi demander de plus à la vie ! Ah oui, que ca continue !! Merci de m’avoir lu jusqu’à la fin et pardon pour les photes d’ortogriaphes mais là c’est 1 heure et je vais me coucher.
Demain lundi j’attaque enfin mon vrai travail de metteure en scène ! youpi ! Merci le ciel !
mardi 16 octobre 2007
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