mercredi 10 octobre 2007




5 octobre 07

Dans notre appart’, sous la pluie torrentielle, le déluge intégral

Marylène :
Voilà première semaine de stage écoulée. Petit bilan provisoire. Nous avons abordé toutes les bases : démarches, attitudes, jeu de partenaires et émotions. Hier nous avons eu de beaux moments avec l’ascenseur émotionnel. L’exploration des quatre émotions (petit rappel au cas où : colère, peur, joie, tristesse) s’est d’abord faite de manière technique et nous avons ensuite laissé naître la vie de chacunE des clowns. Pour assurer ce travail particulier et délicat essentiel à la pratique clownesque, nous avons fait le matin un échauffement digne de sportifs d’élite ! Ouf ouf ouf ! ya des fois où je me surprends moi-même. On était toutes et tous raides mortEs après cette heure de mise-en-train endurante et exigeante. N’empêche que les corps étaient tellement ouverts que les émotions étaient à fleurs de peau. La bonne surprise a été de voir les stagiaires comme nous ne les avions encore pas découverts. Tonton, notre ancien, spécialiste du rire canard, a même osé aller dans des territoires inconnus. Je suis remplie de gratitude par rapport à cette ouverture. Au début de la semaine j’ai demandé à chacunE d’amener des costumes et gentiment ça vient. Palme d’or à Serge qui a fabriqué une tunique traditionnelle en sac plastique vert et blanc à rayures, avec un magnifique chapeau, une sorte de grosse tasse en plastique vert. Totale clown attitude !
Samedi prochain, nous avons prévu de faire une restitution publique de l’atelier. Donc toute la semaine à venir sera consacrée à la création de petites séquences et numéros.

Rebecca :
« La moite attitude » ! Moi qui suit plutôt du genre sèche et directive, avec cette première semaine j’ai du être comme les pores de ma peau : ouverte, souple, pour laisser RESPIRER…. Bon c’est un peu un joke dans cette ville c’est hyper pollué ! Le cheminement vers l’imaginaire demande du temps, moi j’aime quand c’est maintenant toute de suite là now jetzt, ben non faut laisser le temps au temps pour avoir du temps car le temps c’ est du temps qui s’accorde du temps pour mieux avoir le temps. Marylène est plus en connection avec le ciel c’est une chose qu’elle sait particulièrement bien gérer et me communiquer. Et le bon moment, je technique comme moi j’aime. On avait déjà bien machiner mais là après quelques années de chacune sa route, on se retrouve avec des outils différents que l’on mets dans notre nouvelle boîte commune. Elle parle aux anges et moi j’ai mon pendule (pensaté). On fait la paire quoi !

Le matin nous travaillons avec les stagiaires et l’après-midi – soir nous le consacrons à « TEKITOI ? ». Pour la créa, nous avons pris possession de la terrasse sur le toit de notre immeuble. L’espace est magnifique et inspirant. Il y a une partie de cette terrasse-cour que j’aime particulièrement avec une porte et une entrée en tôle, ce qui donne à penser à 2 mondes différents. C’est assez génial de faire des impros au vu du ciel et au son de la ville. Ces deux premières semaines sont mises au service pour la rencontre Marlo – Guiness et surtout permettre à Guy de rencontrer son clown. Lui aussi doit se permettre le lâcher prise et la conscience de son corps et de ses émotions. Difficulté universelle que celle de lâcher la tête. Comme on vit tous ensemble 24 sur 24, on s’apprivoise, on s’observe mais surtout on délire.

La vie à Cotonou : On partage un chouette appartement, pas très imperméable…. Ce qui fait que certaines personnes doivent demander asile à d’autres certaines nuits…. Les premiers jours ont s’est fait avoir par les coupures d’eau et d’électricité, mais après avoir testé sous la douche, toute savonnée, plus d’eau, noir complet ben on apprend à s’équiper. Je partage une chambre avec Clayre, notre administratrice, on se marre bien toutes les deux. Elle ronfle un peu (tu vois Robin tu n’est pas le seul) mais ce n’est rien à côté du coq ! qui se met à hurler vers les 4 heures du mat’ comme un malade. On a pensé à s’armer d’une carabine et se mettre en planque pour lui faire la peau à ce putain de coq. Son cri c’est genre femme hystérique qui fait crisser une craie sur un tableau noir. Et en plus, il rameute tous ses congénaires. Vos gueules !
Le grand bonheur c’est qu’il n’est pas le seul à être bruyant, eh non ! les gens ici ben je pense qu’ils ne dorment jamais ou alors ils font à tour de rôle le pied de grue sous nos fenêtres pour discuter (le chuchotement n’existe pas au Bénin). Les femmes sont très belles et…. fraîches, nous on est juste l’air de rien, dégoulinantes de sueur à leur côté. Même à l’arrière d’un zem avec milles paquets, elles sont super classes. La nourriture est juste divine, les légumes bon ya pas, mais le reste c’est juste parfait. Le poisson, le riz concassé, les sauces, l’atiétké (manioque rapé cuit à la vapeur, l’akassa (pâte de maïs) mon plat préféré, moyo (sauce à base d’oignons et tomates qui accompagne le riz concassé) plat préféré de Marylène, les jus de fruits et surtout les bananes frites « aloko »…On a déjà nos petites habitudes, le midi on va au champ de foire, c’est le restaurant de l’université. En plein air, des étales sous tôles, les femmes qui pillent et la maman qui nous sert un bon repas. Jusque là tout va bien, personne n’a encore été malade ! Merci la vie.


Retour Marylène :
Bon ben tout a été dit et bien dit
Bon bec les toutes et tous
m.

1 commentaire:

vavaorum a dit…

ciao les filles
elle a vu quoi rébec par la fenêtre, une grosse papaye???
sympa de pouvoir vous suivre sur ce blog.
à toute.
valoche